Les vœux 2026 de notre Président
Pour une société en 2026 qui place l’enfant comme interlocuteur valable et visible.
Alors que l’article 31 de la Convention Internationale des droits de l’enfant précise que c’est un droit fondamental pour chaque enfant de pouvoir participer pleinement à la vie culturelle et sociale dans la société, le compte n’y était toujours pas en 2025. Si quelques initiatives ou signes se sont montrés encourageants comme la multiplication de projets « Villes à hauteurs d’enfants », la création d’un collège des enfants au sein du CNPE, la mise en place de panels d’enfants sur divers travaux du CESE, ou encore la reconduction de la délégation parlementaire aux droits des enfants à l’Assemblée nationale, il y a tout un pan de l’enfance française qui vit en marge, invisible aux yeux de tous.
Nous pourrions y ajouter les situations de violence à l’encontre des mineurs qui ne baissent pas, bien au contraire, reflétant aussi malheureusement les inégalités persistantes de genre. Effet miroir ou conséquence inéluctable de la situation, la santé mentale des jeunes a continué de se dégrader en 2025 alors même que l’accès aux soins est devenu un parcours du combattant…
Pire en 2025, un phénomène émergeant s’est amplifié : celui de la discrimination systémique et collective envers les enfants. Cette discrimination peut prendre des formes subtiles, comme des remarques ou des attitudes jugées inoffensives mais qui in fine mettent en question notre capacité à les considérer comme des sujets de droit à part entière. Ce phénomène est étudié par la chercheuse et pédopsychiatre Laelia Benoit, qui le désigne sous la notion d’“infantisme”. Que penser des espaces « no kids » qui nous rappellent aussi à quel point nos espaces collectifs sont conçus autour des normes, des besoins et des rythmes de vie des adultes. L’enfant y est toléré à condition de se faire discret, voire invisible. Il doit apprendre à se fondre dans un monde qui ne tolère pas ses débordements, ses émotions trop vives, son volume sonore ou son besoin d’expérimentation. C’est bien le fait d’être un enfant qui est rejeté dans l’espace public, notamment sa parole intempestive.
Or ne l’oublions pas le bruit des enfants est le bruit d’une société vivante !
C’est dans cette perspective qu’ADOSEN souhaite agir en 2026 en coconstruisant, comme elle le fait depuis plusieurs années, avec les jeunes un avenir sain, citoyen et solidaire. Sa démarche de prévention réflexive, qui infuse toutes ses ressources et fait le pari de la réflexion du jeune comme levier principal de prévention en passant par des questions, implique nécessairement de considérer les jeunes comme des interlocuteurs valables.
Plutôt que de leur donner des réponses toutes faites et de leur enseigner « les comportements pour se sentir bien », nous souhaitons leur donner l’occasion de réfléchir par et pour eux-mêmes sur ces sujets : comment ils les concernent, ce qu’ils en pensent vraiment, pourquoi ils pourraient être importants pour eux. Les enfants et adolescents peuvent ainsi donner du sens à leur expérience et être acteurs de leurs apprentissages.
Nous faisons le pari que les conclusions auxquelles les jeunes seront arrivés par eux-mêmes auront plus d’impact sur leurs choix et leurs actions que celles qui auraient été transmises de l’extérieur.
En 2026, notre réseau de volontaires en service civique sur tout le territoire métropolitain et ultra marin et notre équipe salariée vont continuer d’agir à partir de nos ressources qui promeuvent l’implication citoyenne du jeune, partant de son intérêt, permettant son émancipation, son accession à une citoyenneté libre et éclairée. Ainsi, après : Filgood, notre outil de diagnostic de la santé et du bien-être qui aide les professionnels de l’éducation à identifier et prioriser les thématiques de santé à aborder auprès des jeunes, Stéréotypes-Stéréomeufs, notre kit pédagogique s’appuyant sur une web-série coproduite avec Arte Education pour sensibiliser à la question de l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, Coop Addict, notre programme qui mise sur le développement des compétences psychosociales nécessaires à la lutte contre les addictions, Le Petit théâtre citoyen, conçu pour promouvoir le vivre ensemble dès le plus jeune âge et ainsi notamment prévenir le harcèlement. Nous allons, aussi, faire la pleine promotion de REFLEX’, notre nouvel outil de prévention réflexive sorti fin 2025 portant sur le sujet de l’alimentation et d’activité physique à destination des enfants de 10 à 18 ans.
D’autre part pour être en phase avec ce que nous défendons avec beaucoup de convictions : « nos jeunes, des interlocuteurs valables », notre gouvernance va évoluer en 2026 avec la présence de membres jeunes 18-25 ans au sein de notre conseil d’administration.
En 2026, Il s’agit d’aller vers cette société qui implique concrètement ses jeunes, une société pensée à leur mesure comme tout autre citoyen, une société enfin qui leur donne une vraie place dans la cité.
Stéphane Marchand-Maillet
Président ADOSEN