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02 Août 2021

Le handicap, évolution d’une vision

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Le handicap, évolution d’une vision

Cet article marque le début d’une recherche, dans le cadre d’une thèse en Cifre chez Adosen. Elle porte sur la philosophie pour enfant, avec comme axe le handicap et sa figure de l’altérité dans le dialogique. Historiquement, la philosophie pour enfant est apparue au début des années 1970 à l’initiative de Matthew Lipman (nommée alors P4C). Il est pertinent de souligner, que la pratique de M. Lipman naquit en partie d’un échange avec un éducateur «pour retardés mentaux», qui inaugura la première expérience lipmanienne d’introduction de la philosophie avec des bénéfices cognitifs impressionnants.

Le terme de handicap a évolué ces dernières années, en passant de la notion de « personne handicapée» à celle de « personne en situation de handicap ». Ceci dit, le terme « handicap » s’est lui-même imposé récemment. Il est apparu progressivement, pour remplacer des mots comme « infirme », « invalide », «inadapté », etc[1]. Ces termes étaient utilisés aussi bien dans le discours quotidien, que dans une grande partie du langage médical, social et juridique. Il est intéressant de noter, que le mot « handicap » vient du terme anglais « hand in cap » (la main dans le chapeau). Le terme découle d’un jeu pratiqué au XVIème siècle en Grande-Bretagne, il consistait à échanger des objets à l’aveugle, dont la valeur était contrôlée par un arbitre qui assurait l’égalité des chances entre les joueurs. Le substantif «handicapé», est apparu officiellement dans les textes de loi français en 1957, mais avant cela le mot s’est d’abord généralisé peu à peu à d’autres sports (fin du XIX siècle). Dans les courses hippiques, par exemple, où des handicaps sont attribués aux chevaux (selon le poids du cheval, selon le poids du jockey qui le monte, etc.) Le handicap véhicule alors l’idée d’une limite, un obstacle ou une gêne. Le terme d’handicap provient donc du vocabulaire du jeu et du sport, et s’est étendu à la valeur sociale. Le glissement entre « personne handicapée » et « personne en situation de handicap » fait apparaître, une compréhension du réel qui n’est plus essentialiste. La périphrase « en situation de » redéfinit « le  handicap » comme résultat d’une interaction entre déficience et rapport à l’environnement ; ce n’est donc plus l’essence de la personne qui est désignée. Une déficience physique n’est donc pas nécessairement un obstacle, pour la personne qui voudrait partager une activité sportive, ou s’accomplir en repoussant ses limites, dans une quête de dépassement de soi. La personne mobilisera ses ressources en fonction de son corps, de sa volonté, du terrain et des personnes qu’elle rencontrera.

[1] La Fondation Internationale de Recherche Appliquée sur le Handicap, FIRAH, Voir https://www.firah.org/ compile des informations, ressources et appels à projets donnant une vue intéressante sur le sujet. Les appels à projet 2019 ont été consacré à étudier le lien entre l’image de soi (apparence) et l’inclusion des personnes en situation de handicap, avec comme axes prioritaires : a) l’éducation des enfants et jeunes handicapés du préscolaire jusqu’à l’enseignement supérieur; b) l’exercice de la citoyenneté et de la représentation ;c) l’intervention précoce.

 

Justine Broussais, Doctorante et Chargée de projets à l’ADOSEN Prévention Santé MGEN

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