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02 Août 2021

Intervention sur la thématique du consentement et de la sexualité en Ile de France

Intervention en classe
Intervention sur la thématique du consentement et de la sexualité en Ile de France

Aujourd’hui, nous retrouvons nos 4 volontaires en Ile de France : Archi, Aminata, Cerena et Mathilde, pour une série d’interventions sur la thématique de la sexualité et du consentement auprès des 4èmes du collège Albert Camus à Neuilly-sur-Marne.

« Plus que jamais, nous devions créer un climat de sécurité en début d’intervention : « On va parler de thématiques lourdes, parfois violentes. Vous pourrez à tout moment sortir de la salle si vous en ressentez le besoin. C’est un espace de non-jugement et de bienveillance ». Pour connaître un peu mieux notre public, nous avons commencé chaque intervention en distribuant un post-it à chaque élève. Nous leur avons demandé d’y écrire leur définition du mot « consentement ». Nous les avons ensuite invités, chacun.e leur tour, à lire ce qu’ils/elles avaient écrit. Il est intéressant de noter que dans chacun des groupes, au moins un.e élève n’avait jamais entendu parler du mot consentement : l’occasion pour nous de leur donner la définition officielle de ce terme, d’en exposer les limites et d’en discuter ensemble.

Pour approfondir cette notion de « consentement » sous un format impactant mais sobre, nous leur avons proposé de regarder la vidéo sur le consentement sexuel expliqué à travers une tasse de thé.  Le message est simple : si cela relève de l’évidence de comprendre et respecter qu’une personne puisse refuser une tasse de thé, et ce, quelque en soit la raison et quelle que soit la situation, pourquoi ce ne serait pas le cas pour tout ce qui touche au corps de l’autre (baisers, caresses, sexe) ?

A partir de cette vidéo, nous avons pu construire un dialogue réflexif en abordant notamment les différentes manières dont on peut exprimer son consentement, mais surtout l’importance de le respecter. Nous avons également abordé la nouvelle loi sur le consentement sexuel à 13 ans mais aussi le harcèlement sexuel (dans la rue, dans le monde du travail, à l’école etc.). Notre objectif : briser le silence en apposant le terme de « crime » à « viol », « pédocriminalité » et « inceste ». Enfin, nous avons insisté sur l’importance des formulations « Je te crois » et « Ce n’est pas de ta faute ». Elles sont indispensables pour mettre en confiance la victime qui a eu le courage de libérer sa parole, de témoigner ou de porter plainte ; et plus largement pour briser la culture du viol. Nous les avons également mis en garde contre « la zone grise », à savoir le fait d’avoir des rapports alors que l’un.e des deux partenaires a consommé des substances psychotropes (alcool ou drogue). On parle alors de consentement non éclairé.

Force est de constater que le dialogue a mis du temps à se lancer en raison des nombreux tabous liés à la thématique de la sexualité chez les jeunes adolescent.es. A la question « pourriez-vous nous donner la définition de ce qu’est un rapport sexuel ? », il était parfois difficile pour les élèves de poser des mots sans éveiller quelques rires gênés des camarades autour. Mais une fois les termes bien définis et le climat bienveillant renforcé, les élèves ont eu beaucoup plus de facilité à libérer leur parole.

Suite au dialogue réflexif, nous avons proposé aux élèves de faire un débat mouvant. Cette activité consiste à répondre aux questions qu’on leur pose par oui/non/peut-être en se déplaçant dans les zones de la salle prévues à cet effet. Les élèves sont généralement friands de ce type de débat qui permet de participer activement sans toutefois prendre la parole pour celles et ceux qui ne le souhaitent pas.

Qu’il s’agisse du groupe d’Archi et Aminata ou de Cerena et Mathilde, les questions du débat mouvant ont suscité beaucoup d’intérêt ! A la question « La tenue justifie-t-elle le viol ? », les idées divergeaient entre les camarades, leur permettant d’exprimer leurs émotions et leurs opinions sur le sujet, de témoigner, et parfois de changer d’avis sur la réponse donnée au départ suite aux arguments de certain.es de leurs camarades. De même, la question « Existe-t-il un devoir conjugal ? » a permis de créer un échange riche et constructif autour de la question, à l’aide des avis de chacun.e à ce sujet. C’est à l’occasion de ce débat mouvant qu’un jeune garçon a découvert que le viol n’était pas l’apanage des femmes.

A la fin de chaque intervention, nous leur avons demandé comment ils et elles se sentaient, ce qui leur avait plu ou déplu, si des interrogations restaient en suspens. Parmi toutes les réactions, nous en retiendrons une particulièrement. « On a 13 ans, nous sommes beaucoup trop jeunes pour penser à tout cela » évoque une jeune fille, ce à quoi l’une de ses camarades répond du tac au tac : « Malheureusement la société ne nous permet pas d’avoir cette tranquillité d’esprit. Nous devons connaître les dangers et savoir quoi faire ». Face à ce constat, nous avons écrit au tableau le numéro de téléphone du CFCV (Collectif Féministe Contre le Viol) qui offre des permanences gratuites, anonymes et confidentielles. Au bout du fil : des conseils, de l’écoute, de l’empathie.”

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