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26 Octobre 2020

Zohya, volontaire en service civique pour la région Pays de La Loire – Promo 2019-2020

Intervention en classe
Zohya, volontaire en service civique pour la région Pays de La Loire – Promo 2019-2020

Raconte nous comment tu es arrivée à l’ADOSEN ?

Je suis arrivée à l’ADOSEN en tant que volontaire service civique après avoir obtenu un DUT (Diplôme Universitaire Technologique) Carrières Sociales option Education Spécialisée. Je venais d’obtenir mon diplôme et j’avais déjà eu deux stages dans ce cadre, mais je voulais obtenir une expérience supplémentaire avant de poursuivre mes études. Certaines de mes amis avaient effectués de missions de service civique, et en discutant avec elles ça m’a donné envie de trouver moi aussi une mission qui pourrait me correspondre. En tombant sur l’annonce de l’ADOSEN je me suis dit que discuter avec des enfants sur le sujet de l’égalité filles/garçons ça me tenterait bien ! Sachant que j’ai écrit dans le cadre de ma deuxième année de DUT, un mémoire professionnel sur l’impact des stéréotypes de genre dans la vie des femmes. Ce mémoire étant basé sur un stage de six semaines que j’ai effectué dans une association qui accompagnait des femmes qui pour beaucoup avait été victimes de violences aussi bien physique que psychologiques. Je voulais continuer dans cette thématique des inégalités femmes/hommes, en apprendre plus et puis surtout je trouvais ça intéressant de pouvoir aller dans les classes, auprès des jeunes et entendre ce qu’ils avaient à dire sur le sujet. Donc j’ai postulé et j’ai eu un entretien avec Angéline, l’ancienne volontaire service civique de l’antenne MGEN d’Angers, et Didier Fauchard qui est désormais mon tuteur. Ca s’est très bien passé, et j’ai été prise !

Avais tu des craintes, des appréhensions? Les as tu surmonté?

Oui, bien entendu j’avais quelques appréhensions. Déjà je suis assez engagée sur le sujets des discriminations et stéréotypes de genre, et j’avais tendance à facilement me positionner dans des discussions lorsque les avis divergeaient des miens. Donc je me suis dit que d’être face à des jeunes, et les écouter sans pour autant donner mon avis, ça pourrait être compliqué pour moi. Mais finalement j’ai réussi à me doser on va dire, et même dans ma vie de tous les jours, quand je discute de ces sujets avec des gens qui ont des idées assez éloignées des miennes, je m’emporte surement moins facilement ! J’avais aussi quelques craintes en ce qui concernait le public : les jeunes. Car il faut savoir adapter son langage et être pédagogue, chose qui me semblait plus compliqué qu’avec des adultes. Car jusque là je n’avais pu faire des stages qu’auprès d’adultes lors de mes années d’études. Étant de nature assez spontanée et utilisant un peu trop le second degré, je me demandais si j’allais réussir à m’adapter aux plus jeunes. Et finalement, j’ai été surprise de voir que je me suis adaptée assez rapidement et naturellement aux jeunes !

Les interventions en classe VS la préparation des interventions : qu’as tu préféré ?

C’est une question assez difficile. J’ai beaucoup apprécié préparer mes interventions, faire des recherches aussi sur les différents sujets, ça m’a appris pleins de choses ! Et voir que l’intervention se déroule bien grâce au temps consacré dans la préparation, ça fait plaisir aussi ! Pouvoir discuter avec les élèves c’est ce que j’ai préféré, les échange étaient riches dans chaque intervention, ils se questionnaient beaucoup. Donc finalement les deux étapes sont complémentaires si je puis dire, il faut un minimum d’organisation dans la préparation de l’intervention pour que celle-ci se déroule bien, mais il faut aussi savoir rebondir de façon spontané lors des interventions avec les élèves car on ne sait jamais vraiment à l’avance ce qu’ils vont dire ou sur quel sujet/question il vont s’attarder.

Quel a été le thème abordé en intervention que tu as préféré?

J’ai fait une intervention sur les discriminations, avec une partie concernant les discriminations faites envers les personnes LGBTQ+, et j’ai adoré préparer et faire cette intervention. C’était avec une classe de 5ème, les jeunes étaient intrigués et m’ont dit avoir appris des choses. Ca m’a fait vraiment plaisir de pouvoir les faire réfléchir sur les discriminations, et ils ont eux même compris assez vite que ces discriminations venaient surtout de la peur de l’autre, de ce qui est différent et surtout de ce qu’on ne connaît pas.

Pendant le confinement, tu as dû adapter ton temps de travail et tes missions, comment ça s’est passé pour toi?

Est ce que tu as pu quand même apprécier cette période? Les missions t’ont elles plu? Pendant la période du confinement, on a dû adapter nos interventions en les faisant par petits groupes de jeunes via Skype. J’avoue que ça n’a pas été évident pour moi qui ai du mal avec la communication “virtuelle”. Je n’y trouve vraiment pas le même sens que les interventions en classes, en face à face avec les élèves. Malgré tout, avec les circonstances exceptionnelles, il a quand même fallu s’adapter ! Avec Mélody, on a fait quelques interventions sur l’égalité hommes/femmes dans nos divertissements : films/séries, livres/BD/manga, jeux vidéos, etc… on a essayé de faire en sorte que ça colle avec le contexte du confinement dans lequel les jeunes se retrouvaient enfermés et donc encore plus en contact avec divers divertissements. On trouvait intéressant de les questionner sur leurs références et l’image des différents “héros” en tant que garçons ou filles dans ces derniers. De comparer un peu les caractéristiques de ces personnages et de voir s’ils relevaient des stéréotypes liés au genre, on a pris l’exemple d’un extrait du film Disney “La belle au bois dormant” pour les lancer sur le sujets et les questionner. Je pense que les interventions leur ont plues et qu’ils ont pu se questionner un peu, tout en passant le temps durant le confinement.

Comment ça s’est passé avec ton binôme?

Avec ma binôme Melody, qui fait la même mission à la Roche-Sur-Yon (Vendée), on s’est tout de suite beaucoup apprécié. Et ce dès notre rencontre et nos premiers moments ensemble au début de notre mission lors de la formation à Paris au siège de l’ADOSEN. C’est une très belle rencontre et j’ai beaucoup apprécié travailler avec elle ! Maintenant nous sommes amies, et même en dehors des missions il nous arrive de passer du temps ensemble. Lors des interventions en binôme, il a été assez facile de communiquer et de monter ensemble nos activités puisque nous nous entendons très bien. Même si nous sommes assez différentes, on a les mêmes valeurs et le sujet des inégalités hommes/femmes nous intéresse beaucoup, donc ça l’a fait direct ! Et j’espère que notre binôme a pu plaire aux jeunes !

En quoi vas-tu te servir de cette expérience pour construire ton avenir?

Cette expérience en tant que volontaire service civique au sein de l’ADOSEN, m’aura permis de prendre davantage conscience du rôle que peut jouer l’école dans l’éducation et la déconstruction des enfants en ce qui concerne les inégalités entre les filles et les garçons. J’ai pu prendre également conscience de l’importance qu’à la prévention au sens plus large, et du fait que j’aimerai plus tard dans mon métier, mettre en place des ateliers de sensibilisations à divers sujets (toujours en liens avec les inégalités H/F : vie sexuelle, rapport au corps, amitié et relations, orientation scolaire et professionnelle en fonction du genre…)

Quels sont tes projets pour l’avenir, qu’est ce que tu as envie de faire maintenant ?

À la rentrée prochaine, j’aimerais entrer en Licence Professionnelle Accompagnement Social, ce qui me permettrait dans un premier temps de valider un niveau Bac+3. Je ne suis pas encore décidée, mais je pense poursuivre ensuite sur un master spécialisé dans les discriminations et les questions de genre, c’est vraiment un sujet qui m’intéresse énormément et malheureusement il reste beaucoup de chemin avant que notre société puisse être qualifiée de totalement équitable en terme de traitement entre les femmes et les hommes. Dans un avenir un peu plus lointain j’aimerais accompagner des personnes étant ou ayant étés victimes de violences intrafamiliales, et dans un premier temps accompagner plus particulièrement des femmes.

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