Les addictions : tabac, drogues, alcool

Les addictions ?

Un peu de terminologie…

Aujourd’hui, pour nommer l’ensemble des produits qui agissent sur le cerveau (y compris le tabac et l’alcool), on utilise le terme plus neutre et plus précis de substance psychoactive.

Leurs effets varient selon les substances, les doses consommées, les associations de produits.

Les polyconsommations désignent différentes situations :

> Un usage régulier et répété dans le temps, avec une certaine fréquence, d’au moins deux substances psychoactives.

Exemple : fumer des cigarettes et boire de l’alcool régulièrement voire tous les jours, pendant plusieurs années.

> Un usage concomitant (simultanément ou successivement dans un temps très court) d’au moins deux substances psychoactives.

Exemple : consommer au cours d’une même soirée du cannabis et de l’alcool.

Ce type d’usage répond parfois à une volonté d’augmenter ou d’équilibrer les effets de chaque produit.

Les facteurs de risque, les facteurs de protection

Les conduites addictives sont des comportements individuels, mais leurs fréquences et leurs intensités sont en grande partie déterminées par des facteurs principalement sociaux et familiaux.[1]

  • À l’adolescence, le lien entre milieu social et usage de substances psychoactives s’inverse suivant le niveau de consommation en jeu : les jeunes issus de milieux favorisés rapportent davantage que les autres des expérimentations ou des usages modérés d’alcool et de cannabis, et autant d’expérimentations de tabac que les jeunes issus de milieux modestes. Par contre, le passage à des usages intensifs d’alcool, à l’usage quotidien de tabac, ou à des usages problématiques de cannabis, est plus souvent le fait de jeunes issus de milieux modestes. Ainsi, les expérimentations sont plus rares chez les jeunes des milieux modestes, mais elles se transforment plus souvent en consommation problématique.
  • À l’adolescence, le parcours scolaire et la scolarisation (redoublement au cours de la vie, inscription en filière professionnelle, mais surtout déscolarisation ou arrêt de la scolarité à l’âge de 16 ans) sont des facteurs importants qui ont un impact sur les expérimentations et l’usage régulier.
  • Les jeunes dont les parents présentent des conduites addictives ont un risque majoré de consommation régulière ou excessive de tabac, d’alcool ou de cannabis, particulièrement dans les familles qui connaissent une situation défavorisée.
  • La cohésion familiale, c’est-à-dire la qualité de l’entente entre parents et enfants, ainsi que la connaissance qu’ont les parents de l’entourage et des activités de leurs enfants, réduit le risque de conduites addictives des adolescents.

[1] INSERM, Conduites addictives chez les adolescents. Usages, prévention et accompagnement, Collection Expertise collective, Inserm, Paris, 2014, 504 pages, p. 107-116. http://www.inserm.fr/thematiques/sante-publique/expertises-collectives

Chiffres clés[2]

Si l’on met à part l’alcool (le premier verre d’alcool est souvent difficile à se remémorer), parmi les jeunes âgés de 18 à 25 ans, le tabac est la substance qui a été expérimentée le plus tôt en moyenne (14,9 ans).

> Puis l’expérimentation de l’ivresse alcoolique et du cannabis se fait à peu près en même temps (16 ans et demi chez les garçons, 17 ans chez les filles).

> Les autres substances sont expérimentées entre 18 et 19 ans. La cocaïne et l’héroïne semblent être les substances expérimentées les plus tardivement : leur expérimentation se prolonge au-delà de l’adolescence.

Si l’expérimentation du tabac est plus fréquente parmi les filles, l’initiation à l’alcool et au cannabis est davantage le fait des garçons[3].

  • Alcool

70 % des collégiens (53 % des élèves de 6e, 83 % des élèves de 3e) ont déjà bu de l’alcool au moins une fois dans leur vie.

16,6 % des collégiens ont connu au moins une ivresse alcoolique au cours de leur vie.

  • Tabac

32,4 % des jeunes de 17 ans interrogés en 2014 se sont déclarés fumeurs.

16,6 % des collégiens en classe de 3e déclarent fumer tous les jours.

Il semblerait que la cigarette électronique soit davantage un complément pour les fumeurs « intensifs » qu’un substitut en population adolescente (Spika et al., 2015)

  • Cannabis

Si l’expérimentation est marginale en classe de 6e, elle progresse durant les « années collège » et touche pratiquement un adolescent sur quatre en classe de 3e.[4]

  • Autres produits illicites

Depuis 2000, les niveaux d’expérimentation des produits psychoactifs illicites autres que le cannabis se sont toujours maintenus en deçà de 4%. A 17 ans, dépasser le stade d’initiation à ces substances se révèle marginal.

[2] Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, Institut national de prévention et d’éducation pour la santé. Drogues et conduites addictives. Inpes éditions, décembre 2014 : 224 p.

[3] Source : Tendances – ODFT – mai 2015

[4] Source : Drogues et addictions, données essentielles (2013) – OFDT

Les grandes familles des substances psychoactives

Il existe de nombreuses classifications des produits psychoactifs qui témoignent d’approches diverses mais complémentaires : d’un point de vue médical, suivant leurs effets psychotropes ; d’un point de vue sanitaire et social, suivant les risques liés à leur usage ; ou d’un point de vue juridique, suivant leur utilité (ou nocivité) relative.

  • L’alcool
  • Le tabac
  • Le cannabis
  • Les opiacés : opium (extrait du pavot), morphine, héroïne, codéine
  • La cocaïne (provenant de la feuille de coca) et le crack
  • Les amphétamines (psychostimulants) et dérivés : ecstasy (MDMA), STP, DOB
  • Les hallucinogènes : LSD 25, mescaline, psilocybine, phencyclidine, ibogaïne, datura,…
  • Les solvants et inhalants : acétone, éther, colle, poppers (nitrite d’amyle), …
  • Les médicaments détournés de leur usage : anxiolytiques (benzodiazépines), hypnotiques (barbituriques, benzodiazépines), anorexigènes, antidépresseurs, vasodilatateurs, anesthésiques (kétamine, GHB),…

A cette liste, on peut ajouter des produits très courants comme le café ou le thé.

Loi/protection pour les mineurs[1]

 Le législateur s’est attaché à protéger les mineurs en édictant des règles spécifiques de protection. Les peines encourues sont plus lourdes pour certains délits lorsqu’ils sont commis à l’encontre de mineurs et dans ou à proximité d’un établissement scolaire.

Qu’il s’agisse de cannabis, d’ecstasy, de cocaïne ou toute autre substance psychoactive illicite, l’usage est un délit puni d’une peine maximale de 1 an d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende.

> Au titre de l’alternative aux poursuites ou a titre de peine complémentaire, l’usager même mineur peut être condamné à suivre à ses frais un stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants, ou à se soumettre a une mesure d’injonction thérapeutique qui consiste en des soins ou en une surveillance médicale.[2]

Les parents sont responsables de l’éducation, de la santé et du bien-être de leurs enfants

Pour un parent, le fait de se soustraire à ses obligations au point de compromettre la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de l’enfant mineur est puni de 2 ans de prison et 30 000 € d’amende (article 227-17 du code pénal). La complaisance ou la banalisation de l’usage de drogues par un parent peut entrer dans le champ de cet article de loi.

Même en l’absence de condamnation pénale, l’autorité parentale peut être retirée au parent qui met, du fait de son usage de stupéfiant, en danger la santé, la sécurité ou la moralité de son enfant  (article 378-1 du code civil). Néanmoins, les juges évaluent toujours en premier lieu l’intérêt de l’enfant.

Les parents qui ont connaissance d’un usage ou d’un trafic de stupéfiants de la part de leur enfant ne seront pas poursuivis s’ils ne le dénoncent pas. Cependant, aux yeux de la loi, les parents deviennent complices d’un trafic de stupéfiants s’ils bénéficient en connaissance de cause des produits de ce trafic (cadeaux, argent, etc.), s’ils le facilitent par quelque moyen que ce soit ou s’ils aident au recyclage de l’argent obtenu par ce trafic.

[1] Source : Drogues info service

[2] http://inpes.santepubliquefrance.fr

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