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20 Septembre 2020

L’Education Nationale face au COVID-19

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L’Education Nationale face au COVID-19

Jeudi 12 mars 2020, le Président Emmanuel Macron annonçait la fermeture de tous les établissements scolaires français pour une durée indéterminée, une décision faisant suite à la situation actuelle liée à au virus COVID 19.

Dans ce contexte un peu particulier, quelles sont les mesures mises en place par le personnel éducatif ? Comment les enseignants, les élèves et les familles réagissent t-ils à cette situation inédite de confinement ? Comment le suivi pédagogique sera-t-il assuré ? Comment réagissent les élèves et les étudiants face à la fermeture de leurs établissements?

Nous sommes allées à la rencontre (virtuellement bien sûr ; confinement oblige!) de citoyens français impactés par cette situation exceptionnelle : des lycéens, des professeurs, des membres du personnel éducatif mais aussi des pères et des mères qui s’inquiètent de la situation exceptionnelle de confinement face à laquelle la France – et tant d’autres pays – doit faire face.

 

A ce jour, l’Education Nationale a d’ores et déjà pris les premières dispositions pour permettre aux élèves de maintenir un lien pédagogique, même à distance. Ainsi, la plateforme du CNED, Ma classe à la maison, offre plusieurs parcours selon le niveau scolaire de l’élève. Elle permet de couvrir une période de quatre semaines.

Nous avons échangé avec Artémise, en classe de première générale. Elle reste dubitative : “J’ouvre les cours d’histoire, le CNED me propose un cours sur 1789, alors que j’ai étudié cette période il y a plusieurs mois et que j’en suis normalement au Second Empire. Je décide donc de passer au français et je tombe sur un cours sur la poésie.. Moi je suis en train de lire et d’étudier Le Rouge et le Noir, de Stendhal. Ca me perturbe beaucoup.” Parallèlement, la mise en place de classes virtuelles devrait favoriser un contact humain et ainsi éviter l’isolement, puisque ce serait un moment dans la journée où tous les élèves de la classe pourraient échanger. Pour l’enseignant, cette classe virtuelle permettrait de maintenir une dynamique de groupe en animant un cours à distance.

Le Ministre de l’Education Nationale et de la Jeunesse, Jean-Michel Blancher, s’est exprimé dans l’émission “Vous avez la parole” pour remercier tous les professeurs et le personnel de l’Education Nationale pour la mobilisation dont ils font preuve afin d’assurer la scolarité à distance  de tous les élèves de France. Pour revoir son allocution, c’est ici.

Par ailleurs, les établissements scolaires laissent leurs locaux ouverts afin d’assurer un accueil de jour pour les enfants du personnel soignant indispensable à la gestion de la crise sanitaire. D’autres organismes mettent à disposition des ressources gratuites et téléchargeables par tous. Ainsi, certains éditeurs ont répondu aux directives du Président Macron et du Ministre de l’Education Nationale et de la Jeunesse en proposant la version numérique de leurs ouvrages scolaires. “Notre but, c’est qu’aucun élève ne reste au bord du chemin” a expliqué Jean-Michel Blanquer. Toujours dans un souci de continuité pédagogique, le groupe ARTE a annoncé sur ses réseaux que la plateforme de vidéos Educ’Arte à destination du corps enseignant, initialement payante, est aujourd’hui totalement gratuite. Les professeurs non abonnés peuvent demander l’accès gratuit et ainsi en faire bénéficier leurs élèves.

Pour Amélia, lycéenne en terminale ST2S, l’heure est à la discipline personnelle : “travailler à la maison exige une très bonne organisation”. Son établissement l’a prévenu de certaines mesures : les cours donnés via les plateformes (ENT, Pronote, Ecole Direct, CNED), les vidéos conférences et le système de classe inversée mais aussi l’évaluation de certains professeurs par des questionnaires. A ce jour, les examens de langues qu’elle était sensée avoir cette semaine ont évidemment été reportés. Pour l’instant, elle choisit les matières à travailler en fonction de son emploi du temps scolaire : cela lui permet de garder un certain rythme.

La lycéenne reste néanmoins assez inquiète quant à la suite des choses : comment faire quand l’espace de travail n’est pas sain ? Des petits frères et sœurs bruyants, pas de pièce calme pour travailler sereinement… et un point important qu’elle souligne très justement : les élèves qui ne possèdent pas d’ordinateur doivent travailler sur leur téléphone portable ce qui peut-être extrêmement inconfortable. Elle espère que ce confinement ne dure pas trop longtemps, surtout que cette année est pour elle la plus importante de sa scolarité : comme près de 600 000 lycéens, elle passe le bac à la fin de l’année.

D’autres comme Stella, en terminale ES, semblent moins inquiets : “Ca ne me dérange pas de rester chez moi, ça ne change pas de d’habitude et je suis pour l’instant plutôt contente de faire cours chez moi parce que j’ai mon propre rythme de travail et je peux me reposer, m’avancer pour le bac ainsi que pour mon orientation.” Elle se doutait depuis quelques temps que le confinement allait être mis en place. Son établissement l’a immédiatement informé que des cours en ligne allaient se mettre en place mais à ce jour, ce n’est pas encore le cas. Les professeurs envoient chaque jour les cours sur le site internet de l’établissement.

Pour Romain qui est à la fois CPE, Délégué MGEN et père de deux enfants : “Tout s’installe doucement. Certains cours sont en direct, à heures fixes et le travail scolaire est donné par e-mail et l’ENT. Quelques points négatifs : obligations d’aide quasi permanente pour les enfants (avec les deux parents en télétravail), une connexion internet qui ne suit pas et un manque de matériel informatique à la maison pour que tout le monde puisse travailler en même temps.”

Dans un collège de région parisienne, la continuité pédagogique est assurée : les cours, les exercices et les ressources éducatives sont en ligne, à disposition des élèves. Pour Marine, professeure documentaliste au CDI du collège, “la situation est forcément anxiogène car elle nous oblige à nous adapter rapidement et efficacement sans avoir de recul ni de perspectives. Mais nous restons optimistes car c’est l’occasion aussi de prendre soin de soi et de développer de nouvelles compétences en boostant sa créativité !” Créative, Marine l’est ! Le CDI est fermé ? Qu’à cela ne tienne : les livres viendront aux élèves d’une autre manière. Elle est en train de mettre en place un système ingénieux pour continuer à relayer l’amour des mots… en 2.0. Ainsi, elle proposera des lectures en direct sur instagram pour préserver la découverte de livres tout en gardant un lien physique virtuel.

Marie, également professeure documentaliste dans un établissement français, réfléchit à la mise en place d’un lien culturel avec les élèves – une forme de CDI virtuel qui utiliserait les bons outils et canaux de diffusion tout en étant compatible avec le Règlement général sur la protection des données (RGPD). Confinée chez elle avec sa fille mineure, l’organisation en urgence n’a pas été simple : allier école à la maison et télétravail, le tout avec un conjoint qui travaille toujours à l’extérieur n’est pas de tout repos. Son établissement, comme beaucoup d’autres, utilisent l’ENT. Pour elle, “il faudra de la discipline pour les élèves.. mais aussi des moyens techniques!”. Elle même a instauré un programme quotidien pour sa fille avec des heures réservées pour le travail scolaire. Sa fille, au départ très angoissée par la situation, est rassurée par la régularité de ses journées car finalement, en temps de crise, tout finit par se mettre en place.

Nous avons également échangé avec Thibault, en 2ème année de BTS et Président de l’Association Droits des lycéens qui reste dubitatif quant à la situation actuelle : “le constat actuel est que malgré l’effort fourni par les acteurs de l’éducation, les moyens matériels ne fonctionnent pas (les ENT sont totalement hors service depuis ce matin /  trop de connexion) et certains élèves n’ont pas l’équipement nécessaire.” Il semble également que les élèves n’aient pas tous accès aux réseaux sociaux, ils ne sont donc pas informés des dernières dispositions prises par le Ministère et l’établissement n’a fait aucune communication depuis vendredi. Son association et lui ont d’ailleurs pris des mesures fortes pour réagir : avec d’autres organisations lycéennes, ils ont interpellé le Ministère via un communiqué. Pour l’instant, aucun retour. Affaire à suivre..

Au delà des membres de l’équipe éducative de l’Education Nationale, d’autres acteurs doivent redoubler d’inventivité pour pallier à la fermeture obligatoire de leurs centres – comme par exemple le CRIJ Centre Val de Loire qui accueille les jeunes de la région du lundi au vendredi, à Orléans. Pour Elodie, membre du CRIJ, “si notre mission est avant tout d’informer les jeunes, nous souhaitons également les protéger.En conséquence, l’équipe s’active activement et virtuellement pour continuer à informer les jeunes – mais cette fois-ci, face à un écran.

De même, le Centre Infos Jeunesse Jura – qui aide les jeunes de la région à devenir des citoyens responsables et autonomes – passe au total numérique : Dès undi, tous leurs espaces d’accueil physiques ont été fermés, les membres du personnel sont en télétravail. Ils restent joignables auprès des jeunes et de leurs parents par téléphone, mails et réseaux sociaux. Claire, membre du CIJJ, nous informe que dans ce cadre, cinq membres de l’équipe sont labellisés “Promeneurs du net” par la CAF. Ils sont donc d’une certaine manière, déjà habitués à échanger avec le public sur les plateformes numériques.

Nous ne pouvons que le constater : la France est solidaire pour ses enfants.

Elle se mobilise et se mobilisera tout le temps que durera cette crise  pour que les citoyens et les citoyennes de demain puissent continuer à suivre leur programme pédagogique malgré toutes les difficultées liées aux contexte actuel.

En cette période de confinement, nous mettons tout en oeuvre à l’ADOSEN pour continuer à vous proposer des projets autour des valeurs de santé, solidarité et citoyenneté. Ainsi, tout le temps que durera le confinement, nos volontaires en service civique animeront des ateliers de réflexion et de développement de l’esprit critique par Skype pour vos enfants et élèves. Rendez-vous sur nos réseaux sociaux pour le planning quotidien. En attendant, prenez soin de vous!

 

 

 

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