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01 Octobre 2020

Julie, volontaire en service civique pour la région Centre Val de Loire – Promo 2019-2020

Intervention en classe
Julie, volontaire en service civique pour la région Centre Val de Loire – Promo 2019-2020

Je suis arrivée à l’ADOSEN en parcourant les offres de missions sur le site servicecivique.gouv, pour être totalement honnête je n’avais même pas connaissance de ce qu’était un service civique et encore moins qu’il y avait un tas de missions variées ! J’ai postulé après avoir été refusée de plusieurs masters de psychologie. Je me suis dirigée vers cette annonce car elle était vraiment dynamique et je voulais quand même faire une mission en rapport avec mon futur métier de psychologue. Je prenais cette année comme une année pour découvrir de nouvelles choses tout en restant dans mon domaine avec une population vers laquelle je souhaitais m’orienter plus tard : les enfants et adolescents. J’ai obtenu deux entretiens : un à la section MGEN 37 et un dans un IME sur la ville de Tours. L’IME se rapprochait plus de mon projet professionnel mais je me suis dit que c’était une année que je devais percevoir comme une chance et finalement je suis allée dans un domaine que je connaissais moins mais qui me permettrait une ouverture nécessaire à ce moment de ma vie.

Je n’avais pas de craintes particulières. Finalement, j’avais tellement peur de ne pas avoir eu de master et de ne pas savoir quoi faire durant cette année que lorsque j’ai été recrutée pour ce service civique j’ai immédiatement repris confiance. Bien évidemment j’appréhendais de créer du lien avec les établissements de A à Z mais aussi la rencontre avec mon binôme car je savais que nous allions passer la majeure partie de notre temps ensemble

La semaine de formation à Paris pour moi fut comme une bouffée d’air frais.

Après avoir été toute ma vie dans le scolaire, j’ai découvert une équipe et des responsables jeunes et dynamiques prêts à nous faire confiance à 200%. Grâce à ça je me sentais épanouie et digne de confiance pour remplir mes missions. À aucun moment je me suis sentie dévalorisée, bien au contraire. Que ce soit en section ou par l’équipe ADOSEN.

Ensuite bien sûr, les retours des élèves, certains qui nous montraient un fort intérêt au point qu’ils pouvaient venir à notre rencontre après l’intervention ou qui demandaient à leurs enseignants que l’on revienne. Pour moi c’est le plus important.

Les moments les plus marquant sont les interventions dans les lycées professionnels notamment dans un lycée où élèves étaient pour 80-90% des hommes. Une fois, nous avons évoqué les relations hommes/femmes avec la vidéo sur le harcèlement dans le métro Stéréotypes Stéréomeufs. Nous avons eu des remarques qui nous glaçaient avec mon binôme comme « une femme si elle se marie elle doit faire son travail de femme » « une femme n’a pas besoin d’aller travailler son mari y va pour elle ». De plus, nous étions deux services civiques filles « face » à une classe de garçons uniquement, une certaine rivalité non désirée s’était engagée. Ce genre de remarques sont totalement en désaccord avec notre vision et il a été très difficile pour nous d’entamer un échange avec ces élèves. Cependant, au fil des interventions nous avons su gérer cela et parfois même faire évoluer quelques mentalités. C’était même très intéressant pour nous car cela permet de se remettre en question, d’apprendre à échanger dans le non-jugement et d’accueillir la parole de l’autre. Ce sont des moments tels que ceux la qui nous marquent car on se dit que nos actions prennent tout leur sens.

 

Pendant le confinement au début j’ai été vraiment perdue puis nous avons du prendre des décisions difficiles comme annuler tous les projets en cours. Ceci était nécessaire puis l’équipe a su rebondir très rapidement. Nous avions des Skype quotidiens puis des Ateliers Philo avec les enfants en confinement. Des projets ont été créés comme des vidéos ou des BD. J’ai trouvé ça vraiment top de conserver un lien et continuer de créer car finalement cela a duré 2 mois et demi. Sur 8 mois, ça fait un peu de temps tout de même. Je n’ai pas senti une baisse d’engagement de ma part. Bien au contraire, le confinement nous a permis d’avoir plein de projets et de créer de nouvelles choses. Je suis contente d’avoir pu conserver le lien.

L’ADOSEN va énormément me manquer. J’ai trouvé une équipe sur qui compter et avec qui je peux échanger de mes projets et de mes avancées sans apercevoir de jugement négatif. Le fait d’adopter une posture professionnelle a été une réelle expérience positive pour moi et j’ai apprécié ça. Les opportunités et rencontres professionnelles ont fait que nous étions en perpétuel mouvement et c’était super. Je compte bien rester en contact avec Agathe, Sofia et Adelaïde ainsi qu’une partie des volontaires car je ne me voie pas du tout couper tous les liens une fois que la mission sera terminée ! Les interventions en classe VS la préparation des interventions : qu’as-tu préféré ? J’ai préféré les interventions en classe.

 

Finalement, avec mon binôme nous préparions les grandes lignes de nos interventions mais nous laissions faire l’improvisation se faire pour les phrases de relance, les questions, etc. Nous avions une feuille de route pour nous guider si besoin mais nos interventions fonctionnaient souvent sur le même principe il n’y avait pas donc de préparation immense en amont. Finalement, l’échange avec les élèves est ce qui fait l’intervention.

Pendant notre mission, nous avons pu intervenir sur des classes de collège, lycée et master. Sans hésitation j’ai préféré intervenir auprès des 5 ème-4ème-3ème-2nd. En effet, ce sont des enfants en général qui osent dire ce qu’ils pensent sans filtre : ça donne des débats avec plus de contenus. Parfois nous étions face à des enfants qui nous disaient qu’il n’y avait pas d’inégalités hommes femmes ou pas de harcèlement. Lorsqu’il y a une impulsion telle dans la classe il est difficile que certains élèves se démarquent et osent parler.

J’ai appris que je pouvais être convaincante, j’ai découvert que j’étais vraiment à l’aise dans le contact avec les personnes. Au fur et à mesure de ma mission, j’ai découvert les thèmes plus en profondeur et je me suis sentie investie d’une mission. Mon engagement d’un point de vue général est beaucoup plus fort notamment auprès des droits des femmes.

J’aurais aimé intervenir auprès d’enfants plus jeunes et peut être pourquoi pas faire un ou deux échanges régionaux pour sonder les pratiques des autres volontaires.

Pendant le confinement, j’ai pu à deux reprises cumuler job et volontariat (service civique) ça n’a pas été trop difficile il suffisait de s’organiser. J’ai aimé faire les ateliers Skype même si je pense que les adultes n’étaient pas prêts à faire confiance à 100% à cette méthode, nous avons eu des résultats au milieu et c’était parfois dommage mais totalement indépendant de notre volonté. J’ai vraiment adoré le projet vidéo car pour le coup nous avons créé ça ensemble et c’est une fierté ! J’ai apprécié cette période car finalement ça a coupé le rythme que nous avions créé et nous avons pu faire de nouvelles choses. J’ai adoré les ateliers philo car j’ai pu faire appel à ma réflexion dans une période où il était difficile de s’évader, c’était une échappatoire pour moi mais aussi très formateur pour mon futur métier.

Je recommanderai totalement à quelqu’un de faire un service civique à l’ADOSEN car c’est une mission vraiment dynamique qui s’inscrit dans des échanges perpétuels. Je pense cependant qu’il faut vraiment aimer le contact, ne pas être timide et ne pas avoir peur de se déplacer géographiquement parlant car cela fait partie intégrante de nos missions.

J’ai vraiment adoré cette année. Comme dit précédemment j’ai aimé mener des projets du début jusqu’à l’aboutissement. Se sentir utile et engagé dans des projets est vraiment quelque chose qui m’a plu.  Avec mon binôme ça s’est super bien passé, nous avons directement accroché dès la semaine de formation. C’était très bien car nous pouvions compter l’une sur l’autre et nous avions toutes les deux une formation de base dans le social donc nous étions sur les mêmes longueurs d’onde d’un point de vue général.

La fin de ma mission se passe très bien je ne me rends pas vraiment compte que c’est la fin mais finalement je me sens complète et heureuse d’avoir mené à bien cette mission et de repartir confiante vers de nouveaux horizons. Je ne vois pas cela comme une fin, certes c’est une fin de mission mais je compte garder contact avec les personnes qui m’ont accueilli.

Maintenant, je postule à différents masters de psychologie, avec des idées bien plus claires que l’année dernière et un dossier plus conséquent et cohérent. Je garde en tête cette mission et tout ce qu’elle m’a apporté pour mon futur métier de psychologue.

Merci à vous, Agathe, Sofia et Adélaïde pour votre accueil, vous m’avez permis de reprendre confiance en moi après une période difficile scolairement parlant. Je me suis sentie entourée et soutenue tout au long de l’année. Finalement, avec le recul je suis heureuse d’avoir été refusée l’année dernière pour prendre du temps pour moi, me ressourcer et participer à cette superbe mission. J’espère que nous resterons en contact ! MERCI

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