Journée des lauréats – Tournage de la saison 3 de STSM

09/07/2020

Pour la seconde année consécutive, ADOSEN Prévention Santé MGEN a lancé un concours de scénarios à destination de tous les élèves de France, de la 6ème à la terminale.

Cette année, l’excellence des scénarios et leur complémentarité ont poussé le jury à choisir trois groupes lauréats. Nicolas Cappan, le scénariste de Stéréotypes Stéréomeufs a allié les idées des trois scénarios pour n’en faire qu’un seul : celui qui lancera la saison 3 de la série.

Vendredi 26 juin 2020 avait lieu le tournage de cet épisode et nous avons eu le plaisir d’accueillir quelques uns des lauréats et lauréates, accompagnés de leur professeure encadrant. Ce jour là, nous avons pu faire connaissance avec Mona, Juliette, Maëlle, Eloïse (professeure de français), Ossiriand, Estelle (professeure de français), Floriane et Noémie.

La journée a commencé de manière étonnante : alors que le début du tournage était prévu à 8h du matin dans un magasin bien connu à Aubervilliers, le tout premier “ACTION!” n’a été lancé… qu’à 10h30 ! Et pour cause : le magasin n’avait pas prévenu le centre commercial de notre venue et les règles sécuritaires sont très strictes, sans autorisation, personne ne pouvait entrer. Tournage ou non…. pas de traitement de faveur pour ADOSEN et ARTE !


Il a donc fallu s’adapter… En seulement 1h30, le scénario est réadapté, un nouveau lieu est trouvé et les acteurs et actrices ont appris leurs nouvelles répliques ! Quelle capacité d’adaptation ! Pendant ce temps là, les élèves lauréats ont pu échanger avec les journalistes présents, très intéressés par l’engagement de la jeune génération.

Toute la matinée, l’équipe du tournage et les acteurs se sont concentrée sur le tournage de la première scène. Sébastien Matuchet, réalisateur de la série, a partager son “combo” avec  les lauréats , petit écran permettant de voir ce que la caméra filme, afin qu’ils puissent découvrir toutes les bases du métier de l’audiovisuel.

Entre deux prises, nous avons pu échanger avec les deux groupes d’élèves. Cela nous a permis de découvrir la genèse de leur engagement pour Stéréotypes Stéréomeufs.

Pour les élèves du collège Mortaix à Pont du Château tout est parti d’un atelier organisé par Eloïse Combaud-Landon, professeure de français et Emeline Romeuf, CPE. Eloïse nous raconte : “L’atelier s’appelait Balance ton cliché pour les 4ème et les 3ème, atelier dans lequel on a  invité les élèves à s’intéresser aux questions des stéréotypes de genre. On se rend compte que les stéréotypes sont ancrés très jeunes, on essaye de lutter contre cela, à notre échelle. On s’est rendu compte que les filles se restreignaient dans leur choix d’orientation parce qu’elles ne se sentaient pas capable de faire aussi bien que les garçons. Quand on a vu qu’il existait un concours de scénario on n’a pas hésité longtemps !”

Pour Noémie, Floriane et Ossiriand du collège Eugène Thomas du Quesnoy, tout est parti de leur professeur de français, Estelle Plinguier. “On a fait plusieurs séances en restant un peu plus tard au collège le soir et à la maison. On a d’abord noté aux tableau tous les stéréotypes qu’on voulait mettre en avant ! Et ensuite on a choisi nos “préférés”. C’est marrant, intéressant, ludique et qu’on soutient une cause qui nous importe. Les stéréotypes et les inégalités filles/garçons, on les vit tous les jours.”

On le voit beaucoup en sport” nous raconte Floriane. “Le professeur de sport sépare les filles et les garçons”. Maëlle confirme : “J’ai fait du rugby pendant six ans et on m’a traité de garçon pendant ces six années. J’ai été presque harcelée à cause de ça.”

Pour Ossiriand, c’est beaucoup sur le physique. “Si on porte les cheveux longs pour un garçon, les autres se moquent” Il le sait : il porte ses cheveux plus longs que la moyenne et plus jeune, il a beaucoup souffert de la méchanceté des autres. Cela rejoint le témoignage de Juliette, “Avec mes cheveux très courts, je me prends beaucoup des “Jeune homme” ou des “Tu n’es pas assez féminine”. Mona aussi reçoit ce type de remarque sur la féminité.

Pour Noémie, “Comme dit ma maman, ce n’est pas à nous de changer, c’est aux autres de bien éduquer. C’est pas à nous de mieux nous habiller c’est aux autres de pas nous embêter. Ce concours de scénario nous a permis de nous exprimer sur les stéréotypes, c’est parfois difficile d’en parler avec nos amis, notre famille alors ça nous a aidé à extérioriser”.

Estelle Plinguier, professeure de français, renchérit : “L’égalité filles/garçon est très importante surtout au sein de l’Education Nationale car cela répond totalement aux valeurs de la République. Alors bien sûr, ça n’a pas permis de convaincre les élèves qui ont participé au projet – tout simplement parce qu’ils le sont déjà! Mais cela nous a permis de projeter Stéréotypes Stéréomeufs dans les autres classes et de lancer le débat. » 

Tous sont unanimes : “On aimerait être nous même sans devoir rentrer dans des cases. Quoi qu’on fasse on est critiqué. Et puis on vit avec ça depuis qu’on est né : les princesses, les princes.. On veut du changement ! ”

Le mot de la fin est pour Mona : “On devrait pouvoir être soi même sans que l’on nous juge ! On devrait pouvoir porter les vêtements qu’on veut, se maquiller ou ne pas se maquiller sans que les gens viennent faire des suppositions sur qui on est !”

On discute et le temps file… Il est déjà l’heure du déjeuner.

Pendant le repas, les élèves lauréats ont pu échanger avec Nicolas Cappan, scénariste. Les élèves étaient très curieux et souhaitent en savoir plus sur ce métier. De nombreuses questions ont fusé et Nicolas a pris tout le temps nécessaire pour y répondre. Ainsi, ils ont pu découvrir le parcours classique (ou non!) d’un scénariste et réfléchir à quel type de cursus choisir si le métier les intéressait. Ils ont même eu le temps et l’énergie pour imaginer eux-mêmes leur propre scénario d’une toute nouvelle série sur le thème du fantastique !

Après la pause déjeuner, toutes les équipes se sont remises en place pour tourner la deuxième scène, cette fois ci dans un restaurant. Mais avant cela… Fanny, première assistante du réalisateur, leur demande de s’installer sur le plateau et de jouer les doublures son et lumière. Quelle expérience !

 

C’est parti pour la deuxième scène de la journée. Silence, ça tourne !

Les élèves lauréats sont bien installés dans les fauteuils du restaurant avec une vue plongeante sur le plateau. Face à eux, l’équipe d’ARTE a installé un combo fixe qui leur permet de voir  ce que la caméra filme tout en écoutant la prise de son, lui aussi retranscrit dans des petits boitiers. L’immersion est totale.

Après quelques dizaines de prises, nous emmenons les élèves en dehors du restaurant pour une rencontre journalistique. Après une demi heure d’échange, l’heure de la fin du tournage approche.

 

Afin de marquer la fin du tournage et saluer le travail des lauréats, nous avions décidé, en amont, d’organiser une remise de prix. Eric Chenut, Président d’ADOSEN félicite et remercie les élèves pour leur engagement lors de cette campagne de déconstruction des stéréotypes. Chacun d’entre eux reçoit un totebag à l’effigie de Stéréotypes Stéréomeufs et un diplôme d’ambassadeur ou d’ambassadrice ADOSEN pour l’égalité filles/garçons.

Une journée pleine de rebondissement et d’émotion qui s’achève. Des élèves lauréats épuisés mais ravis d’avoir passé la journée au coeur d’un véritable tournage et d’avoir pu rencontrer toute une équipe audiovisuelle professionnelle. Il ne leur reste plus qu’à profiter de leur dernière soirée à Paris avant de rentrer dans leurs régions respectives et d’attendre la sortie de la saison 3 de Stéréotypes Stéréomeufs.

 

 

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