Vis ma vie de volontaire ADOSEN : Victorine et Julie pour la région Centre Val de Loire

27/01/2020
A travers des thématiques comme l’égalité femmes-hommes, le don du sang, les comportements addictifs, le sport ou encore la nutrition, nos volontaires en service civique agissent concrètement et directement dans les salles de classe par le biais d’interventions et d’ateliers. Aujourd’hui, nous rencontrons Julie et Victorine, volontaires ADOSEN en service civique depuis le mois d’octobre pour la région Centre Val de Loire.

 

Julie et Victorine, vous êtes volontaires en service civique au sein de l’ADOSEN. Comment se passe votre expérience ? 
Julie : Elle se passe super bien. Il y a une très bonne ambiance. Il y a beaucoup de travail, beaucoup de demandes : c’est agréable de voir qu’on est utile. 
Victorine : On intervient dans les classes – majoritairement le collège mais on peut également intervenir dans des primaires ou lycées voire même dans le supérieur. On y fait de la sensibilisation et de la prévention sur différentes thématiques. Le thème dépend de l’établissement scolaire. On peut faire sur l’égalité filles-garçons, sur le harcèlement, les addictions… On parle avec les élèves, on met en place des débats, des ateliers.

 

Une intervention type, ça ressemble à quoi?
Julie : On présente tout d’abord ADOSEN et on place un cadre assez libre et respectueux. On leur dit toujours  “ici, vous pouvez tout dire, tant que c’est dans le respect de l’autre”. C’est le plus important pour nous. 
Victorine : Oui, il est primordial que tout le monde s’écoute. 
Julie : Souvent, on enchaîne sur une vidéo, comme celles d’ADOSEN, Stérétéotypes Stéréomeufs. Les élèves apprécient beaucoup car cette série est percutante. Cela permet d’ouvrir un débat par la suite. 
Victorine : Les élèves ont l’habitude des interventions et d’échanger. Ils aiment bien les débats. Souvent ils nous demandent s’il y a des bonnes ou mauvaises réponses. Mais il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse : chacun a son propre avis et peut le défendre. 
Julie : Le fait de ne pas avoir un parent ou un professeur qui les connaît dans la salle leur permet de libérer la parole. Cela les aide à se dévoiler. Certains n’ont pas peur d’exprimer leurs opinions… et c’est exactement comme un mouvement de foule : une fois qu’un prend la parole, les autres suivent. 

 

Quand vous revenez dans un établissement où vous êtes déjà intervenues, sentez-vous une évolution ? 
Victorine : Leur façon de penser évolue quand on revient. Souvent, on voit qu’ils ont retenu ce qu’il s’est passé la fois précédente. Ils ont retrouvé d’autres arguments pour débattre. 
Julie : Parfois aussi, certains élèves n’ont pas du tout parlé pendant le débat et à la toute fin cela se débloque complètement. Par exemple, on a eu le cas d’une élève qui se disait addict aux réseaux sociaux, elle nous a dit que cela la dérangeait vraiment, que cela lui faisait du mal et qu’elle perdait ce lien avec sa famille. C’est grâce au débat qu’elle a réalisé cela. 

 

Comment gérez-vous le silence ? 
Victorine : On attend, on les laisse réfléchir car on ne veut pas les précipiter : il faut réfléchir un minimum pour trouver l’argument. Le silence leur permet d’y penser, trouver réellement ce qu’ils veulent dire. 
Julie : Exactement, on n’a pas peur du silence. On laisse toujours ce temps. Parfois, il suffit simplement de reformuler la question pour qu’ils mettent fin au silence. 

 

Au début, comment vous êtes vous fait connaître ? 
Julie : On a démarché les établissements scolaires de toute la région. On leur a envoyé un mail en expliquant nos actions, en présentant nos outils… On a eu beaucoup de réponses. Ensuite c’est au “bouche à oreilles” : c’est grâce aux forums, nos responsables de la section qui parlent de nous…  

 

Et avec la section MGEN, tout se passe bien ? 
Victorine : Très bien. Dès le premier jour, on a pu rencontrer tous nos responsables, ils ont pris le temps de nous accueillir et de nous montrer comment les choses se passent à la section. 
Julie :  On est très bien intégrées dans la MGEN et dans ADOSEN. Encore aujourd’hui, cela continue : on est tout le temps invitées aux événements, aux forums… 

 

Quelle thématique revient le plus souvent ? 
Julie : en premier, c’est l’égalité filles-garçons car cela englobe le rapport entre les deux genres, la poursuite d’études…. 

 

Une intervention mémorable ? 
Julie : Oui, à l’IME. On est intervenu dans un institut médico-éducatif et c’était vraiment touchant. On a senti une vraie problématique. Les actions qui nous touchent sont celles où on sent qu’on était attendues, que certains de ces élèves ont eu besoin de nous et besoin d’aide. 
Victorine : Effectivement, une intervention dans une IME, c’est toujours plus prenant, ce n’est pas le même public. Les élève ont des difficultés et on le ressent. On a fait une intervention sur le harcèlement. On leur a demandé s’ils connaissaient le harcèlement et certains ont répondu que oui mais qu’ils ne voulaient pas en parler. Notre intervention est utile car cela peut éviter à d’autres de leurs camarades de se faire harceler. Après notre intervention, la secrétaire est venue nous remercier et nous dire que les élèves étaient très heureux de cette rencontre. A ce moment là : on a senti que notre intervention était utile. 
Julie : Cela me fait penser à une autre anecdote : je tenais un stand sur le harcèlement dans un lycée. Un élève est venu à mes côtés, parler de son expérience du sujet. On était tous les deux, en duo et c’était génial. Je ressentais de la reconnaissance. Il m’a demandé de revenir, que nos actions étaient superbes.  

 

Votre engagement a t-il impacté votre vie personnelle ? 
Julie : Oui, je sens un impact sur mes manières d’agir et notamment sur le fait de ne pas attendre de bonnes ou de mauvaises réponses. Au sujet des thématiques, l’égalité hommes femmes m’a beaucoup touchée. D’autant plus car j’ai remarqué que certes, il y a une grosse évolution, mais beaucoup d’élèves seulement au collège ont déjà une idée toute tracée de leur vie car ils sont filles ou garçons. Il y a encore du travail; on dit que tout est réglé mais c’est faux. C’est une vraie prise de conscience. 
Victorine : Moi aussi c’est vraiment l’égalité hommes-femmes qui m’a fait réfléchir. Regarder la série Stéréotypes Stéréomeufs m’a fait beaucoup évoluer et réfléchir. 

 

Parlez-vous de votre engagement à vos proches ? 
Victorine : Oui, ma famille trouve cela très bien. Cela change de ce que l’on peut faire, ce n’est pas ordinaire. C’est très intéressant. 
Julie : Je parle beaucoup de nos actions à ma famille car d’un oeil extérieur, un service civique a tendance à avoir une image un peu dégradée.. Quand je commence à dire qu’on démarche les établissements, qu’on les contacte, qu’on a un échange, un accord avec eux et qu’ensuite on va directement dans les classes, on est réellement engagés… Alors là : on commence à avoir de la considération pour nous. C’est revalorisé et c’est agréable d’en parler et de faire bouger les choses chez soi. 

 

Un mot pour résumer votre expérience ? 
Julie : Pour moi, c’est la maturité. j’apprends à m’exprimer face à des professionnels et des élèves mais également à avoir des prises de conscience par rapport à mes actions. Sans oublier la maturité professionnelle : gérer les choses, organiser, aller sur le terrain…
Victorine : Pour moi, c’est une évolution. Avant, on était du côté des élèves qui attendent du professeur. Aujourd’hui, ce sont les élèves qui attendent de nous. Beaucoup de choses ont évolué et on est plus là pour apprendre mais pour transmettre des valeurs. 

 

Si je vous dit “autonomie” 
Victorine : l’autonomie quand on est service civique ADOSEN, c’est primordial. On a tout à créer et c’est génial. On est autonomes et on est fières de nous. 
Julie : Oui et on se sent porteurs des projets ! On gère tout de A à Z et c’est très agréable. On sait ce qu’on fait, comment et pourquoi on le fait. Avec Victorine, on est à deux et on se complète. C’est vraiment super. 

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