Le don du sang

Le don du sang, un geste citoyen

Points de repère

  • Pourquoi donner ?

Les donneurs de sang sont motivés par des notions éthiques importantes.

  • Donner son sang est un acte volontaire, libre et consenti ;
  • Le don est anonyme: les informations concernant le donneur et le receveur ne sont connues que de l’Établissement Français du Sang (EFS) ;
  • C’est un geste bénévole, gratuit, qui ne doit pas être source de bénéfice financier.

Les motivations des donneurs sont diverses :

  • Se sentir utile en apportant sa contribution face à des besoins en sang importants, jugés vitaux et urgents ;
  • Se sentir moralement et physiquement impliqué en donnant parce qu’un proche a pu avoir besoin de sang ou en anticipant un besoin futur ;
  • S’engager, en donnant : c’est un acte militant et désintéressé.
  • Histoire du don

280 av. J-C.     Mention d’un transfert de sang dans le Traité d’anatomie d’Hérophile.
1616                William Harvey, médecin anglais, découvre le principe de la circulation du sang. Il perçoit que le sang sert à transporter quelque chose, sans savoir de quoi il s’agit.
1667                Jean-Baptiste Denis, médecin de Louis XIV, injecte le sang d’un agneau à un garçon atteint de fièvre. Le patient guérit aussitôt de façon définitive.
1668                Après trois transfusions de sang de veau, un patient soigné par Jean-Baptiste Denis décède. Le tribunal du Châtelet décide que les transfusions ne pourront se faire qu’avec l’autorisation des médecins de la faculté de Paris.
1675                Le Parlement de Paris limite la transfusion à l’expérimentation animale. Il interdit la transfusion chez l’homme.
1788                On démontre qu’une injection de sang suffit à sauver un chien affaibli par une perte de sang. On sait que le sang sert à transporter l’oxygène.
1818                Premières transfusions de sang d’humain à humain. Les groupes sanguins ne sont pas connus.
1873                Landois et Muller démontrent que le sang humain mélangé au sang animal s’agglutine en amas, traduisant une incompatibilité entraînant la mort. À partir de cette date, on ne pratique plus que la transfusion d’homme à homme.
1900                L’Autrichien Landsteiner découvre les groupes sanguins A, B et O. La plupart des transfusions réussissent.
1914-1918      Les premières « vraies » transfusions ont lieu à grande échelle en tenant compte des groupes sanguins.
Après 1916     On sait éviter la coagulation du sang et on réussit à le conserver.
1923                Ouverture à l’hôpital Saint-Antoine de Paris du premier centre de transfusion sanguine.
1940                Landsteiner et Wiener découvrent le facteur rhésus. Les transfusions deviennent de plus en plus sûres pour les receveurs.
1940-1941      Drew organise la première banque de sang permettant d’apporter du sang aux Britanniques durant la Seconde Guerre mondiale.
1993                Lois garantissant la sécurité des donneurs et des receveurs. Le gouvernement encourage les dons et veut éviter la pénurie.
2000                Création de l’Établissement Français du Sang, opérateur civil unique pour la transfusion sanguine en France.

Du donneur au receveur

  • La personne qui souhaite donner son sang est reçue par une secrétaire de l’EFS. Elle enregistre son dossier administratif. Un questionnaire pour préparer l’entretien avant le don est rempli.
  • La personne qui souhaite donner s’entretient avec une personne de l’EFS. Les conclusions de l’entretien sont confidentielles. On vérifie qu’il n’y a pas pour le donneur de contre-indications à donner son sang.
  • Une infirmière de l’EFS, diplômée d’État, effectue le prélèvement. Elle remplit des tubes à échantillons pour les analyses et la poche de sang.
  • Le donneur prend une collation et se repose. Cette pause de trente minutes permet à l’équipe médicale de s’assurer que tout va bien pour lui. Le volume de sang se reconstitue rapidement, cependant, il est important de boire et manger après avoir donné son sang.
  • La poche de sang prélevé est préparée. Les globules blancs sont enlevés par filtration. La centrifugation permet de séparer les globules rouges, le plasma et les plaquettes.
  • Les échantillons collectés subissent une série de tests biologiques. Si les résultats présentent une anomalie, la poche de sang correspondante est détruite et le donneur informé.
  • Les produits sanguins conformes sont distribués après vérification de compatibilité entre le sang du donneur et celui du receveur.
  • Le patient est transfusé.

Le sang prélevé se reconstitue naturellement. Il faut quelques jours aux globules rouges et aux plaquettes pour être remplacés. Les composants du plasma sont renouvelés plus rapidement que les globules rouges et les plaquettes.

Les notions à aborder

  • L’EFS
    • La loi du 1er juillet 1998 a réorganisé le système de transfusion en France. Elle a permis la création de l’Établissement Français du Sang (EFS).
    • Il est sous la responsabilité du ministère de la Santé.
    • L’objectif de l’EFS est de garantir l’autosuffisance de la France en produits sanguins dans les meilleures conditions de sécurité et de qualité.
    • C’est le seul organisme qui gère la transfusion en France. Il prend en charge la collecte, la préparation et la qualification des dons. Il y a 2,83 millions de dons chaque année. On compte 1 620 000 donneurs.
    • La collecte est organisée par les 17 établissements régionaux, dans les 150 sites fixes ou avec les 40 000 collectes mobiles.
    • Il organise la distribution des dons auprès de 1 900 hôpitaux et cliniques en France.
    • Il approvisionne le laboratoire français qui fabrique les médicaments dérivés du sang (Laboratoire français du Fractionnement et des Biotechnologies).Grâce à l’EFS, plus d’un million de malades sont soignés chaque année (transfusions et médicaments dérivés du plasma).
  • Qui donne ?

Le don de sang est un acte volontaire. Mais tout le monde ne peut pas donner son sang.
La réglementation précisant les conditions, indications et contre-indications au don de sang est fixée par un arrêté du ministère de la Santé.

Pour être donneur, il faut :

  • Avoir plus de 18 ans, moins de 70 ans (18 à 65 ans pour le don de plasma) ;
  • Être reconnu médicalement apte au don ;
  • Peser plus de 50 kg ;
  • Ne pas être anémique (On vérifie avant le don que le donneur a suffisamment de globules rouges – taux d’hémoglobine.)

On ne pourra jamais donner son sang en cas de :

  • Certaines maladies du cœur, des vaisseaux, de la coagulation ;
  • Insuffisance respiratoire (par exemple l’asthme) ;
  • Diabète traité par insuline ;
  • Maladies graves, chroniques ou à rechutes.

On ne peut pas donner son sang pendant un temps donné en cas de :

  • Anémie, jusqu’à ce que le taux d’hémoglobine soit redevenu suffisant ;
  • Grossesse et 6 mois suivants l’accouchement ou l’interruption volontaire de grossesse ;
  • Maladies infectieuses bénignes, pendant 2 semaines après la fin des symptômes ;
  • Soins dentaires, pendant 7 jours après ou 1 jour après en cas de carie ;
  • Piercings, tatouages, interventions chirurgicales, endoscopies, pendant 4 mois ;
  • Voyages en zone touchée par le paludisme ou la maladie de Chagas, pendant 4 mois.
  • L’augmentation des besoins

Depuis 2001, les besoins en sang ont augmenté de 26 %.

Cette augmentation s’explique par le vieillissement de la population : de nombreuses maladies du sang touchent des personnes de plus de 60 ans. L’état de santé des personnes âgées permet l’utilisation des médicaments préparés avec des produits sanguins.

L’EFS a pour objectif de collecter 10 000 dons par jour pour répondre aux besoins des malades.

  • La gestion des réserves

Les produits sanguins prélevés ont une durée de vie limitée :

42 jours pour les globules rouges ;

1 an pour le plasma. Il peut être congelé ;

5 jours pour les plaquettes.

L’enregistrement informatisé des produits sanguins issus de dons permet de gérer les réserves sur l’ensemble du territoire. Des régions déficitaires en dons peuvent être approvisionnées par des régions dont les réserves dépassent les besoins.

La gestion des réserves a aussi pour objectif de ne pas laisser les dons se périmer.

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