Vis ma Vie de Volontaire en Service Civique ADOSEN

Les chapitres :

Julie et Victorine pour la région Centre Val de Loire

Rencontre avec Julie et Victorine, volontaires ADOSEN en service civique depuis le mois d’octobre pour la région Centre Val de Loire. Elles nous emmènent au coeur de Tours, à l’Ecole Polytechnique, pour une intervention sur le thème de l’égalité femmes-hommes avec des étudiants de 5ème année.

Rendez-vous ici pour voir la vidéo de Julie et Victorine : Vis ma vie de volontaire ADOSEN : Victorine et Julie pour la région Centre Val de Loire

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Portrait de Zohya, volontaire en service civique ADOSEN pour la région Pays de la Loire

Raconte nous comment tu es arrivée à l’ADOSEN ?

Je suis arrivée à l’ADOSEN en tant que volontaire service civique après avoir obtenu un DUT (Diplôme Universitaire Technologique) Carrières Sociales option Education Spécialisée. Je venais d’obtenir mon diplôme et j’avais déjà eu deux stages dans ce cadre, mais je voulais obtenir une expérience supplémentaire avant de poursuivre mes études. Certaines de mes amis avaient effectués de missions de service civique, et en discutant avec elles ça m’a donné envie de trouver moi aussi une mission qui pourrait me correspondre. En tombant sur l’annonce de l’ADOSEN je me suis dit que discuter avec des enfants sur le sujet de l’égalité filles/garçons ça me tenterait bien ! Sachant que j’ai écrit dans le cadre de ma deuxième année de DUT, un mémoire professionnel sur l’impact des stéréotypes de genre dans la vie des femmes. Ce mémoire étant basé sur un stage de six semaines que j’ai effectué dans une association qui accompagnait des femmes qui pour beaucoup avait été victimes de violences aussi bien physique que psychologiques. Je voulais continuer dans cette thématique des inégalités femmes/hommes, en apprendre plus et puis surtout je trouvais ça intéressant de pouvoir aller dans les classes, auprès des jeunes et entendre ce qu’ils avaient à dire sur le sujet. Donc j’ai postulé et j’ai eu un entretien avec Angéline, l’ancienne volontaire service civique de l’antenne MGEN d’Angers, et Didier Fauchard qui est désormais mon tuteur. Ca s’est très bien passé, et j’ai été prise !

Avais tu des craintes, des appréhensions? Les as tu surmonté?

Oui, bien entendu j’avais quelques appréhensions. Déjà je suis assez engagée sur le sujets des discriminations et stéréotypes de genre, et j’avais tendance à facilement me positionner dans des discussions lorsque les avis divergeaient des miens. Donc je me suis dit que d’être face à des jeunes, et les écouter sans pour autant donner mon avis, ça pourrait être compliqué pour moi. Mais finalement j’ai réussi à me doser on va dire, et même dans ma vie de tous les jours, quand je discute de ces sujets avec des gens qui ont des idées assez éloignées des miennes, je m’emporte surement moins facilement ! J’avais aussi quelques craintes en ce qui concernait le public : les jeunes. Car il faut savoir adapter son langage et être pédagogue, chose qui me semblait plus compliqué qu’avec des adultes. Car jusque là je n’avais pu faire des stages qu’auprès d’adultes lors de mes années d’études. Étant de nature assez spontanée et utilisant un peu trop le second degré, je me demandais si j’allais réussir à m’adapter aux plus jeunes. Et finalement, j’ai été surprise de voir que je me suis adaptée assez rapidement et naturellement aux jeunes !

Les interventions en classe VS la préparation des interventions : qu’as tu préféré ?

C’est une question assez difficile. J’ai beaucoup apprécié préparer mes interventions, faire des recherches aussi sur les différents sujets, ça m’a appris pleins de choses ! Et voir que l’intervention se déroule bien grâce au temps consacré dans la préparation, ça fait plaisir aussi ! Pouvoir discuter avec les élèves c’est ce que j’ai préféré, les échange étaient riches dans chaque intervention, ils se questionnaient beaucoup. Donc finalement les deux étapes sont complémentaires si je puis dire, il faut un minimum d’organisation dans la préparation de l’intervention pour que celle-ci se déroule bien, mais il faut aussi savoir rebondir de façon spontané lors des interventions avec les élèves car on ne sait jamais vraiment à l’avance ce qu’ils vont dire ou sur quel sujet/question il vont s’attarder.

Quel a été le thème abordé en intervention que tu as préféré?

J’ai fait une intervention sur les discriminations, avec une partie concernant les discriminations faites envers les personnes LGBTQ+, et j’ai adoré préparer et faire cette intervention. C’était avec une classe de 5ème, les jeunes étaient intrigués et m’ont dit avoir appris des choses. Ca m’a fait vraiment plaisir de pouvoir les faire réfléchir sur les discriminations, et ils ont eux même compris assez vite que ces discriminations venaient surtout de la peur de l’autre, de ce qui est différent et surtout de ce qu’on ne connaît pas.

Pendant le confinement, tu as dû adapter ton temps de travail et tes missions, comment ça s’est passé pour toi?

Est ce que tu as pu quand même apprécier cette période? Les missions t’ont elles plu? Pendant la période du confinement, on a dû adapter nos interventions en les faisant par petits groupes de jeunes via Skype. J’avoue que ça n’a pas été évident pour moi qui ai du mal avec la communication “virtuelle”. Je n’y trouve vraiment pas le même sens que les interventions en classes, en face à face avec les élèves. Malgré tout, avec les circonstances exceptionnelles, il a quand même fallu s’adapter ! Avec Mélody, on a fait quelques interventions sur l’égalité hommes/femmes dans nos divertissements : films/séries, livres/BD/manga, jeux vidéos, etc… on a essayé de faire en sorte que ça colle avec le contexte du confinement dans lequel les jeunes se retrouvaient enfermés et donc encore plus en contact avec divers divertissements. On trouvait intéressant de les questionner sur leurs références et l’image des différents “héros” en tant que garçons ou filles dans ces derniers. De comparer un peu les caractéristiques de ces personnages et de voir s’ils relevaient des stéréotypes liés au genre, on a pris l’exemple d’un extrait du film Disney “La belle au bois dormant” pour les lancer sur le sujets et les questionner. Je pense que les interventions leur ont plues et qu’ils ont pu se questionner un peu, tout en passant le temps durant le confinement.

Comment ça s’est passé avec ton binôme?

Avec ma binôme Melody, qui fait la même mission à la Roche-Sur-Yon (Vendée), on s’est tout de suite beaucoup apprécié. Et ce dès notre rencontre et nos premiers moments ensemble au début de notre mission lors de la formation à Paris au siège de l’ADOSEN. C’est une très belle rencontre et j’ai beaucoup apprécié travailler avec elle ! Maintenant nous sommes amies, et même en dehors des missions il nous arrive de passer du temps ensemble. Lors des interventions en binôme, il a été assez facile de communiquer et de monter ensemble nos activités puisque nous nous entendons très bien. Même si nous sommes assez différentes, on a les mêmes valeurs et le sujet des inégalités hommes/femmes nous intéresse beaucoup, donc ça l’a fait direct ! Et j’espère que notre binôme a pu plaire aux jeunes !

En quoi vas-tu te servir de cette expérience pour construire ton avenir?

Cette expérience en tant que volontaire service civique au sein de l’ADOSEN, m’aura permis de prendre davantage conscience du rôle que peut jouer l’école dans l’éducation et la déconstruction des enfants en ce qui concerne les inégalités entre les filles et les garçons. J’ai pu prendre également conscience de l’importance qu’à la prévention au sens plus large, et du fait que j’aimerai plus tard dans mon métier, mettre en place des ateliers de sensibilisations à divers sujets (toujours en liens avec les inégalités H/F : vie sexuelle, rapport au corps, amitié et relations, orientation scolaire et professionnelle en fonction du genre…)

Quels sont tes projets pour l’avenir, qu’est ce que tu as envie de faire maintenant ?

À la rentrée prochaine, j’aimerais entrer en Licence Professionnelle Accompagnement Social, ce qui me permettrait dans un premier temps de valider un niveau Bac+3. Je ne suis pas encore décidée, mais je pense poursuivre ensuite sur un master spécialisé dans les discriminations et les questions de genre, c’est vraiment un sujet qui m’intéresse énormément et malheureusement il reste beaucoup de chemin avant que notre société puisse être qualifiée de totalement équitable en terme de traitement entre les femmes et les hommes. Dans un avenir un peu plus lointain j’aimerais accompagner des personnes étant ou ayant étés victimes de violences intrafamiliales, et dans un premier temps accompagner plus particulièrement des femmes.

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Portrait de Victorine, volontaire en service civique pour la région Centre Val de Loire

Je m’appelle Victorine, j’ai 22 ans et je suis volontaire en service civique à l’ADOSEN.

Je suis arrivée à l’ADOSEN à la suite de mes études. En effet, venant de finir mes études pour être travailleur social, j’ai voulu réaliser un service civique pour entrer dans la vie professionnelle.

Suite à un entretien en juin, j’ai été acceptée à l’ADOSEN pour être volontaire, pour mon plus grand plaisir. J’allais passer 8 mois, à faire de la prévention et de la sensibilisation auprès des élèves de la région Centre Val de Loire.

Au début, j’avais de nombreuses craintes. Effectivement, j’ai toujours été timide, et je n’osais pas prendre la parole en public. Mais pendant ces 8 mois, je n’avais pas le choix. Je devais le faire ! Et j’ai réussi ! J’ai adoré même ! Au bout d’un mois, plus de craintes, plus d’appréhension. J’étais déterminée à prendre la parole. Je pense que cela s’est fait naturellement. Avec les élèves, nous discutons de sujets qui me touchent et qui me donnent envie de me battre contre ma timidité, pour parler de ces sujets avec les élèves.

Une partie de ma timidité est parti lorsque nous préparions les interventions avec Julie, ma binôme. En effet, le temps de préparation est important. Il m’a permis de prendre confiance en moi avant d’être en classe. Ces deux temps sont autant importants l’uns que l’autres. Mais je vous avouerais que je ne sais même pas lequel j’ai préféré. Sûrement les interventions en classe. Je ne suis pas travailleur social pour rien, j’adore le contact avec les gens, les discussions avec eux, échanger nos points de vus, mais aussi les aider au vu des difficultés que chacun peut avoir. Ce qui est différent selon les classes. En effet, toutes les discussions sont différentes. Selon moi, les 6èmes et 5èmes sont les niveaux les plus intéressants. Pour la simple et pour raison que pour moi, ils sont moins gênés de dire ce qu’ils pensent. Car les 3èmes par exemple, savent ce que l’on attend d’eux et disent ce que nous voulons entendre. Cependant, ce n’est pas forcément ce qu’ils pensent. 

Lors de ces interventions, nous avons pu discuter de nombreux sujets comme l’égalité fille/garçon, les addictions, la vie sexuelle, le harcèlement, le petit-déjeuner, etc. 

Il m’est compliqué de choisir un thème que j’ai préféré. J’ai adoré parler de l’égalité fille/garçon, car c’est un sujet qui me touche, et qui ne cesse d’évoluer. Mais j’ai aussi adoré parler de la vie sexuelle avec les lycéens. Car c’est un sujet assez tabou, qui met un écart entre les lycéens et les adultes. C’est pour cela que j’ai aimé aborder le sujet. Étant en service civique, nous avons obligatoirement entre 18 et 25 ans. Il n’y a donc que très peu d’écart d’âge entre nous et les élèves. Ce qui permet une proximité pour parler de certains sujets tabous plus facilement.

Pendant les 8 mois, nous avons rencontré de nombreux élèves, et nous avons donc de nombreux souvenirs, positifs, comme négatifs. 

Un souvenir positif sur cette année, est le fait que les élèves sont impliqués dans nos ateliers. Très réactif, intéressés, dynamique, et j’en passe.

En décembre et janvier, nous sommes intervenus à plusieurs reprise dans un Institut Médico-Éducatif (IME), pour parler du harcèlement et du cyber-harcèlement avec les élèves. C’est un sujet important pour moi, car on ne se rend pas toujours compte des conséquences du harcèlement. Et c’est à ces interventions que je m’en suis rendu compte. Un IME est pour des élèves en difficultés, et sont par conséquences énormément touché par le harcèlement. A la suite de ces interventions, on a pu voir une évolution chez ces élèves. Et c’est ce qui me touche le plus. Car je sens que je suis utile pour eux, je leurs ai appris à gérer le stress face à cela, mais aussi à réagir. Même des élèves qui avaient déjà subi un harcèlement étaient devenus plus confiant ! Et c’est le plus important pour moi, que tout le monde se sente bien.

Mais il y a aussi des souvenirs un peu moins positif. Nous sommes intervenus au sein d’une école d’ingénieur, dans une classe de dernière année. Un étudiant m’a dit que notre intervention n’était pas utile auprès d’eux, car leurs mentalités sur l’égalité homme/femme étaient déjà assez évoluées. Cependant dans la même heure d’intervention, ce même étudiant a prouvé tout le contraire lors d’un échange. Alors dans ces cas-là, je pense que notre intervention est encore plus importante, mais c’est vexant…

Tout au long de l’année, j’étais engagée physiquement et mentalement à mes missions auprès de l’Adosen. Cependant, en mars, nous avons été confinés suite au Covid-19. Nous avons continué les interventions en ligne, et pour notre plus grand plaisir, de nombreux élèves étaient autant motivés que nous ! En complément de ces interventions, nous avons créé de nouveaux projets, plus intéressant les uns, que les autres. Mais nous avons également préparé la passation pour les prochains volontaires.

J’aurais aimé faire plus d’interventions en classes, mais malheureusement, nous n’avons pas pu. Pendant cette mission, j’ai beaucoup appris sur les différents thèmes d’interventions, mais aussi sur la vie professionnelle. J’ai développé des compétences sur la création d’un atelier, mais aussi sur les techniques d’animations.

C’est pour cela que je recommanderais à 100% à quelqu’un de faire son service civique auprès de l’Adosen. Nous avons été très bien accueillis, et guidés tout au long de ces 8 mois. Ca a été une expérience super, que je recommencerais sans hésiter !

Toutes les missions de l’Adosen, mais aussi de la MGEN vont me manquer, les élèves vont me manquer, le contact avec les établissements aussi ! Ça a été une année riche en émotions, que je me souviendrais toute ma vie.

Mais pour le moment, j’aimerais partir vivre au Canada. Car de nombreuses techniques d’interventions viennent de ce pays. C’est un pays qui évolue plus vite que la France pour le travail social aussi. C’est pourquoi j’aimerais m’y rendre.

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Portrait d’Anna, volontaire en service civique ADOSEN pour la région Bretagne

MON COMMENCEMENT :

Je suis arrivée à l’ADOSEN en cherchant une mission de service civique intéressante. L’éducation et la santé sont des thématiques dont je me suis toujours sentie proche et c’était une belle occasion pour moi de travailler dans ce domaine. Des craintes, je n’en avais pas vraiment. J’étais surtout curieuse de savoir comment tout ceci allait se dérouler, même si j’avais eu des retours de la part de ma prédécesseure.

MES IMPRESSIONS :

Mon meilleur souvenir reste les affiches de personnages que j’ai faites avec les élèves de 4e du Collège Brizeux à Quimper contre les stéréotypes de genre. En revanche, le moment le plus dur pour moi a été l’intervention sur le harcèlement scolaire réalisée dans un lycée de Saint-Brieuc car c’est une situation que j’ai déjà subi. Cependant, je n’aurais pas hésité à la refaire. 

MES MISSIONS :

Les missions que je faisais vont clairement me manquer. Je râlais un peu parfois à cause de toutes les demandes d’intervention à gérer, mais qui ne râle pas pendant son boulot ! Ces missions m’ont fait me sentir utile et m’ont donné l’occasion de réaliser d’intéressants petits projets avec mes compétences de graphiste. Les classes qui me plaisaient le plus sont les classes plus âgées (4e/3e/lycée) parce qu’il était plus aisé d’aborder mon thème favori : les addictions. 

MES APPORTS :

Durant ma mission, j’ai pu apprendre à cibler un public, adapter mes missions et mon angle de vue à ce même public, connaître un peu mieux le fonctionnement de l’Education Nationale, mettre en place des activités ludiques et éducatives… La période de confinement a également été frustrante par rapport à ce que j’aurais encore aimé faire comme interventions et évènements. Mon binôme et moi nous sommes très bien entendu, même si nous avions des divergences sur certains points. Nous avons gardé une bonne complicité et avons regretté que notre mission se termine si vite. 

MES ENVIES :

Je garde globalement un très bon souvenir de mon service civique à l’ADOSEN. J’ai appris beaucoup sur la santé et les différentes manières d’en parler aux plus jeunes. J’espère que ce vécu au sein de l’association pourra m’aider dans mes projets futurs. Actuellement, j’attends un entretien pour un poste d’animatrice d’action chez AIDES afin de faire de la prévention et de la réduction des risques auprès d’usagers de drogues concernant le VIH/SIDA, un thème qui m’intéresse également beaucoup. Je souhaiterais continuer à travailler dans le domaine de la santé et éventuellement de la sexualité.

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Portrait de Julie, volontaire en service civique pour la région Centre Val de Loire

Je suis arrivée à l’ADOSEN en parcourant les offres de missions sur le site servicecivique.gouv, pour être totalement honnête je n’avais même pas connaissance de ce qu’était un service civique et encore moins qu’il y avait un tas de missions variées ! J’ai postulé après avoir été refusée de plusieurs masters de psychologie. Je me suis dirigée vers cette annonce car elle était vraiment dynamique et je voulais quand même faire une mission en rapport avec mon futur métier de psychologue. Je prenais cette année comme une année pour découvrir de nouvelles choses tout en restant dans mon domaine avec une population vers laquelle je souhaitais m’orienter plus tard : les enfants et adolescents. J’ai obtenu deux entretiens : un à la section MGEN 37 et un dans un IME sur la ville de Tours. L’IME se rapprochait plus de mon projet professionnel mais je me suis dit que c’était une année que je devais percevoir comme une chance et finalement je suis allée dans un domaine que je connaissais moins mais qui me permettrait une ouverture nécessaire à ce moment de ma vie.

Je n’avais pas de craintes particulières. Finalement, j’avais tellement peur de ne pas avoir eu de master et de ne pas savoir quoi faire durant cette année que lorsque j’ai été recrutée pour ce service civique j’ai immédiatement repris confiance. Bien évidemment j’appréhendais de créer du lien avec les établissements de A à Z mais aussi la rencontre avec mon binôme car je savais que nous allions passer la majeure partie de notre temps ensemble

La semaine de formation à Paris pour moi fut comme une bouffée d’air frais.

Après avoir été toute ma vie dans le scolaire, j’ai découvert une équipe et des responsables jeunes et dynamiques prêts à nous faire confiance à 200%. Grâce à ça je me sentais épanouie et digne de confiance pour remplir mes missions. À aucun moment je me suis sentie dévalorisée, bien au contraire. Que ce soit en section ou par l’équipe ADOSEN.

Ensuite bien sûr, les retours des élèves, certains qui nous montraient un fort intérêt au point qu’ils pouvaient venir à notre rencontre après l’intervention ou qui demandaient à leurs enseignants que l’on revienne. Pour moi c’est le plus important.

Les moments les plus marquant sont les interventions dans les lycées professionnels notamment dans un lycée où élèves étaient pour 80-90% des hommes. Une fois, nous avons évoqué les relations hommes/femmes avec la vidéo sur le harcèlement dans le métro Stéréotypes Stéréomeufs. Nous avons eu des remarques qui nous glaçaient avec mon binôme comme « une femme si elle se marie elle doit faire son travail de femme » « une femme n’a pas besoin d’aller travailler son mari y va pour elle ». De plus, nous étions deux services civiques filles « face » à une classe de garçons uniquement, une certaine rivalité non désirée s’était engagée. Ce genre de remarques sont totalement en désaccord avec notre vision et il a été très difficile pour nous d’entamer un échange avec ces élèves. Cependant, au fil des interventions nous avons su gérer cela et parfois même faire évoluer quelques mentalités. C’était même très intéressant pour nous car cela permet de se remettre en question, d’apprendre à échanger dans le non-jugement et d’accueillir la parole de l’autre. Ce sont des moments tels que ceux la qui nous marquent car on se dit que nos actions prennent tout leur sens.

 

Pendant le confinement au début j’ai été vraiment perdue puis nous avons du prendre des décisions difficiles comme annuler tous les projets en cours. Ceci était nécessaire puis l’équipe a su rebondir très rapidement. Nous avions des Skype quotidiens puis des Ateliers Philo avec les enfants en confinement. Des projets ont été créés comme des vidéos ou des BD. J’ai trouvé ça vraiment top de conserver un lien et continuer de créer car finalement cela a duré 2 mois et demi. Sur 8 mois, ça fait un peu de temps tout de même. Je n’ai pas senti une baisse d’engagement de ma part. Bien au contraire, le confinement nous a permis d’avoir plein de projets et de créer de nouvelles choses. Je suis contente d’avoir pu conserver le lien.

L’ADOSEN va énormément me manquer. J’ai trouvé une équipe sur qui compter et avec qui je peux échanger de mes projets et de mes avancées sans apercevoir de jugement négatif. Le fait d’adopter une posture professionnelle a été une réelle expérience positive pour moi et j’ai apprécié ça. Les opportunités et rencontres professionnelles ont fait que nous étions en perpétuel mouvement et c’était super. Je compte bien rester en contact avec Agathe, Sofia et Adelaïde ainsi qu’une partie des volontaires car je ne me voie pas du tout couper tous les liens une fois que la mission sera terminée ! Les interventions en classe VS la préparation des interventions : qu’as-tu préféré ? J’ai préféré les interventions en classe.

 

Finalement, avec mon binôme nous préparions les grandes lignes de nos interventions mais nous laissions faire l’improvisation se faire pour les phrases de relance, les questions, etc. Nous avions une feuille de route pour nous guider si besoin mais nos interventions fonctionnaient souvent sur le même principe il n’y avait pas donc de préparation immense en amont. Finalement, l’échange avec les élèves est ce qui fait l’intervention.

Pendant notre mission, nous avons pu intervenir sur des classes de collège, lycée et master. Sans hésitation j’ai préféré intervenir auprès des 5 ème-4ème-3ème-2nd. En effet, ce sont des enfants en général qui osent dire ce qu’ils pensent sans filtre : ça donne des débats avec plus de contenus. Parfois nous étions face à des enfants qui nous disaient qu’il n’y avait pas d’inégalités hommes femmes ou pas de harcèlement. Lorsqu’il y a une impulsion telle dans la classe il est difficile que certains élèves se démarquent et osent parler.

J’ai appris que je pouvais être convaincante, j’ai découvert que j’étais vraiment à l’aise dans le contact avec les personnes. Au fur et à mesure de ma mission, j’ai découvert les thèmes plus en profondeur et je me suis sentie investie d’une mission. Mon engagement d’un point de vue général est beaucoup plus fort notamment auprès des droits des femmes.

J’aurais aimé intervenir auprès d’enfants plus jeunes et peut être pourquoi pas faire un ou deux échanges régionaux pour sonder les pratiques des autres volontaires.

Pendant le confinement, j’ai pu à deux reprises cumuler job et volontariat (service civique) ça n’a pas été trop difficile il suffisait de s’organiser. J’ai aimé faire les ateliers Skype même si je pense que les adultes n’étaient pas prêts à faire confiance à 100% à cette méthode, nous avons eu des résultats au milieu et c’était parfois dommage mais totalement indépendant de notre volonté. J’ai vraiment adoré le projet vidéo car pour le coup nous avons créé ça ensemble et c’est une fierté ! J’ai apprécié cette période car finalement ça a coupé le rythme que nous avions créé et nous avons pu faire de nouvelles choses. J’ai adoré les ateliers philo car j’ai pu faire appel à ma réflexion dans une période où il était difficile de s’évader, c’était une échappatoire pour moi mais aussi très formateur pour mon futur métier.

Je recommanderai totalement à quelqu’un de faire un service civique à l’ADOSEN car c’est une mission vraiment dynamique qui s’inscrit dans des échanges perpétuels. Je pense cependant qu’il faut vraiment aimer le contact, ne pas être timide et ne pas avoir peur de se déplacer géographiquement parlant car cela fait partie intégrante de nos missions.

J’ai vraiment adoré cette année. Comme dit précédemment j’ai aimé mener des projets du début jusqu’à l’aboutissement. Se sentir utile et engagé dans des projets est vraiment quelque chose qui m’a plu.  Avec mon binôme ça s’est super bien passé, nous avons directement accroché dès la semaine de formation. C’était très bien car nous pouvions compter l’une sur l’autre et nous avions toutes les deux une formation de base dans le social donc nous étions sur les mêmes longueurs d’onde d’un point de vue général.

La fin de ma mission se passe très bien je ne me rends pas vraiment compte que c’est la fin mais finalement je me sens complète et heureuse d’avoir mené à bien cette mission et de repartir confiante vers de nouveaux horizons. Je ne vois pas cela comme une fin, certes c’est une fin de mission mais je compte garder contact avec les personnes qui m’ont accueilli.

Maintenant, je postule à différents masters de psychologie, avec des idées bien plus claires que l’année dernière et un dossier plus conséquent et cohérent. Je garde en tête cette mission et tout ce qu’elle m’a apporté pour mon futur métier de psychologue.

Merci à vous, Agathe, Sofia et Adélaïde pour votre accueil, vous m’avez permis de reprendre confiance en moi après une période difficile scolairement parlant. Je me suis sentie entourée et soutenue tout au long de l’année. Finalement, avec le recul je suis heureuse d’avoir été refusée l’année dernière pour prendre du temps pour moi, me ressourcer et participer à cette superbe mission. J’espère que nous resterons en contact ! MERCI J

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Portrait de Nina, volontaire en service civique pour la région Rhône-Alpes – Savoie

Depuis longtemps j’étais attirée par les missions de solidarité et d’entraide, j’ai découvert l’existence des services civiques quand j’étais en licence, j’ai longuement hésité à faire une pause dans mes études et partir en service civique, finalement j’ai attendu la fin de mes études pour me lancer dans le volontariat en service civique. Suite à mes recherches sur le site servicecivique.gouv j’ai trouvé de nombreux service civique dans le domaine de la santé / solidarité / humanitaire, dont celui proposé l’ADOSEN.  Ce qui m’a tout de suite plus dans les missions proposées, c’était d’abord les missions de prévention et promotion de la santé, pour une personne qui sort d’un master spécialisé dans cette thématique c’était une aubaine de développer ses compétences, de se faire une expérience tout en respectant les valeurs de l’entraide et de la solidarité qui me tenaient à cœur. Ensuite la pluralité des thématiques abordées était vraiment intéressante. Et enfin le public : enfants et adolescents.

Mon appréhension était d’entrer dans le milieu scolaire mais cette fois par une porte, c’est-à-dire de collaborer avec les enseignants, infirmiers et l’équipe de direction. Finalement j’ai découvert le fonctionnement des établissements du primaire et du secondaire, et j’ai été surprise de leur investissement et de leur volonté de contribuer au bien-être des élèves et de préparer les générations futures à être des citoyens responsables, avec une ouverture d’esprit sur le monde qui les entoure. 

Mon autre crainte était de travailler un binôme ! Finalement on s’est très bien entendu et on était très complémentaire !

J’ai autant apprécié la préparation des interventions que l’animation de celles-ci. Ce qui était intéressant c’est que l’on préparer certaines interventions avec l’équipe du milieu scolaire mais également avec des associations, des acteurs de la ville ou du territoire. On a rencontré de nombreux acteurs de la prévention et de la promotion de la santé, on a pu se créer un réseau de connaissance très intéressant. Par exemple, avec mon binôme Eva REY et la chargée de projet de la MGEN Bernadette Bregeat, nous avons conçu, mis en place et animer un événement en collaboration avec CANOPE 74, lors de cet événement on a présenté les outils de l’ADOSEN à des professionnels de l’éducation Nationale, et à d’autres acteurs de la prévention santé. L’impact sur le long terme et sur un grand nombre de personne était donc très important, (en présentant les outils et leur utilisation, une seule personne peut animer des séances sur plusieurs groupes et donc cibler un grand nombre d’élèves et cela sur plusieurs années).  

Les thèmes abordés étaient très divers, j’ai particulièrement aimé intervenir sur l’estime de soi, les émotions et les relations de couple à l’ère du numérique. 

L’engagement a pu continuer pendant le confinement grâce aux interventions en ligne, on a pu continuer d’intervenir sur une thématique qui me plaisait beaucoup et qui est très pertinente en terme de prévention : les compétences émotionnelles. On a créé des infographies sur cette thématique, c’est une mission qui changeait de celles réalisées jusqu’à maintenant. Cependant les interactions ne sont pas les mêmes, j’aurais préféré intervenir en présentiel. 

 

Je dirais que j’ai développé mes compétences à travailler en équipe pluridisciplinaire et surtout en binôme ! Au début j’appréhendais beaucoup le travail à deux, on s’était dit que pour les premières interventions on le ferait à deux et ensuite chacune de son côté (elle en Haute-Savoie et moi en Savoie), mais on s’entendait bien et on était vraiment complémentaire donc finalement on est toujours resté ensemble tout du long du service civique !

 

Avec le confinement, toutes les interventions prévues de mi-mars à juin ont été annulées… J’aurais aimé faire plus d’interventions en direct. Il y a aussi ce sentiment de « pas assez », on intervient souvent sur une tranche d’âge, une classe, on intervient dans un établissement mais pas dans tous les établissements du territoire, ce qui m’a laissé une sensation un peu négative, on cible certains, ceux qui sont volontaire mais pas tous … C’était vraiment navrant de voir que certains établissements/enseignants se mobilisent énormément pour leurs élèves et d’autres beaucoup moins…

 

Cette expérience m’a permis de me constituer un réseau dans le domaine de la prévention, de me faire une expérience et surtout de pratiquer les interventions en groupe et avec un public jeune, j’ai aussi pu développer mes connaissances dans diverses thématiques (santé, conduites à risque, harcèlement etc.) et surtout je dirais que j’ai développé ma créativité pour mener des actions qui plaise. Avec mon cursus j’ai acquis les théories de ce qui fonctionne en prévention mais il me manquait vraiment cet aspect, si on a une intervention pertinente en prévention mais qu’elle ne plaît pas aux jeunes, elle est inutile. Et comme dis précédemment j’ai pu développer mes compétences à travailler en équipe pluridisciplinaire et en binôme. Cela m’a permis de remettre en question mes points de vue, mes façons de faire et la vision de la prévention et des actions. Et ça me semble essentiel pour une future professionnelle. 

 

Mon projet reste le même être psychologue-chargée de projet en prévention et promotion de la santé, mais je pars avec un bagage en plus.

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Portrait de Charlotte, volontaire en service civique pour la région Languedoc-Roussillon

Je cherchais une mission dans l’éducation. L’ADOSEN en avait une approche très intéressante, j’aimais cette idée d’atelier en classes sur des thèmes de citoyenneté. Sortant de la faculté de droit, cela m’a donné une toute autre image.

Je n’avais pas vraiment de craintes. L’équipe de l’ADOSEN a su nous rassurer très rapidement, et tout est toujours très précis dans nos missions. Je savais donc à quoi m’attendre, après comme partout il y a des imprévus surtout en classe avec des élèves. Mais l’approche de l’ADOSEN séduit quand même pas mal les élèves. Dès lors qu’une relation de confiance s’installe, les échanges étaient très enrichissants. C’était peut-être cela que j’appréhendais, réussir à instaurer cette relation.

Cela s’est fait finalement assez facilement.

 

 

 

Mes plus beaux souvenirs de mission ?  Voir un enfant en pleine réflexion. Être là quand il est train de se créer une opinion. Et surtout entendre ce qui motive cet avis. Je dirai que c’est ça les plus beaux souvenirs. Après il y avait aussi la semaine à Paris avec l’équipe au début de la mission, cela nous a permis de créer des liens forts qui n’ont cessé durant la mission.

Les moments qui m’ont marqué : lorsque je captais le niveau selon les écoles. Certains n’étaient pas du tout habitués aux « ateliers philo » tandis que d’autres avaient commencé dès la maternelle. Le plus marquant était de voir que le plus souvent, ils étaient tous en demande, ils voulaient échanger sur des thèmes. L’engouement des enfants surtout en primaire, début collège me surprenait à chaque fois. J’avais l’impression qu’ils manquaient de ça dans leur quotidien, de cette période de discussion ou ils sont libres de leur pensée et surtout écoutés sans infantilisation.

 

 

Mon engagement et le confinement ?  Le siège a redéfini nos missions très rapidement et des réunions en visio quotidiennes ont permis de vraiment garder le rythme. J’ai vraiment essayé de continuer à travailler un peu tous les jours mais les classes me manquaient. Ce n’était pas pareil, pas les mêmes activités, nous avons créé beaucoup de visuels pour le déconfinement. J’ai adoré être entourée dans ces rebondissements. Les classes n’étaient plus accessibles mais l’éducation peut passait autrement et de manière tout aussi ludique.

 

Ce que j’aurai aimé faire de plus ?

Ma mission s’étant finie en plein confinement, j’aurai aimé continuer les interventions encore. Mais sinon, il n’y a rien qui puisse me frustrer. Nous avions une liberté et une confiance avec le personnel éducatif qui nous a permis de développer plein de projets. Nous n’étions donc pas limités à nos interventions. De même lors du confinement, le fait de développer des affiches à mettre en classe, s’adapter à chaque classe avec le soutien des professeurs, nous a permis une ambivalence intéressante.

 

Mon avenir ? L’an prochain, je commence Professeure des écoles suppléante dans les établissements privés de France. Cette expérience m’a confirmé mon souhait de travailler dans l’éducation. Ma mission m’a permis d’être en classe tous les jours avec des élèves, de savoir gérer une classe, capter leur attention. De plus, j’ai appris une autre approche de l’éducation : les enfants à travers nos interventions apprenaient aussi la responsabilité, l’autonomie ; l’autonomie de leur pensée surtout ; et j’ai aimé cette idée-là.

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